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Bobo-Dioulasso : La police de l’eau interpelle les unités de production d’eau préemballée et ferme 16 momentanément

Sur 21 unités de production d’eau préemballée visitées par la police de l’eau des Hauts-Bassins dans la commune de Bobo-Dioulasso, les 16 et 17 novembre 2020, seulement trois sont en règle, seize ont été fermées momentanément pour non-respect des textes en vigueur et les deux autres sont en arrêt de travail.

Les visites ont concerné des unités de production d’eau dans les villages de Bana, Dinderesso, Nasso et les quartiers de Belleville et Lafiabougou pour la journée de ce mardi 17 novembre 2020. Pour le responsable de la police de l’eau des Hauts-Bassins, Florentin Garba, cette mission avait pour objectif de contrôler la conformité des unités de production d’eau préemballée destinée à la consommation humaine par rapport aux textes en vigueur.

Florentin Garba, responsable de la police de l’eau des Hauts-Bassins

Il s’agissait pour la police de l’eau, de vérifier si les promoteurs ont leur autorisation d’implantation de leurs forages de sorte qu’ils ne soient pas à côté des toilettes, d’un cimetière ou d’une tombe. Aussi, cette mission a permis de vérifier si ces derniers avaient une autorisation de production et de mise à consommation et l’arrêté de conformité environnemental ainsi que le protocole avec un laboratoire pour l’analyse de la qualité de leur eau.

L’eau fait partie du patrimoine commun de la Nation. Sa protection, sa mise en valeur et le développement de la ressource utilisable, dans le respect des équilibres naturels, sont d’intérêt général. La police de l’eau qui est un instrument innovant de protection des ressources en eau au Burkina Faso, ( instrument de la Gestion intégrée des ressources en eau), est un moyen de coordination des actions entreprises par les services chargés de la prévention, du contrôle et de la répression dans la mise en œuvre de la législation en matière d’eau.

La police de l’eau en visite inopinée à l’unité de production d’eau Fatima

C’est une structure qui est mise en place au niveau du ministère en charge de l’eau. Elle regroupe les agents de la police nationale, ceux de la police municipale, de la gendarmerie nationale et des agents de la santé pour les questions d’hygiène. Elle intervient ainsi dans la lutte contre la pollution des eaux des cours d’eau, lacs, plans d’eau ainsi que des eaux souterraines en particulier celles destinées à la consommation humaine.

Une vingtaine d’unités visitée

C’est ainsi que dans le cadre de ses missions régaliennes, elle a entrepris des visites inopinées dans certaines unités de production d’eau préemballée dans la commune de Bobo-Dioulasso, afin de s’assurer de la conformité de ces unités par rapport aux textes en vigueur. Cette visite a concerné plus d’une vingtaine d’usines. La première unité visitée ce mardi 17 novembre 2020, est celle de la production d’eau minérale naturelle Primaël située dans le village de Bana. Là, le promoteur a commencé ses activités de commercialisation sans aucun document exigé à cet effet. Notamment, l’autorisation de mise à consommation, celle d’implantation de l’unité de production, le protocole avec un laboratoire d’analyse, etc.

La mission se rend à l’unité de production d’eau Meldani

La deuxième unité a été celle de la production d’eau Meldani dans le village de Dinderesso. De l’avis du chef de mission, Florentin Garba, ce promoteur a la majorité de ses documents. Seulement, son protocole avec le laboratoire national pour l’analyse de l’eau a expiré en juillet 2020. Donc « il est en infraction », a-t-il dit. A l’unité de production d’eau Fatima à Nasso, aucun document n’a été présenté. Or la commercialisation a débuté depuis quelques temps. Même situation à Minama, toujours à Nasso. Le promoteur étant absent, aucun document n’a pu être présenté.

De là, la mission s’est rendue à l’unité de production d’eau « Bon dji » dans le quartier Belleville. Le constat est « pire » comparativement à certaines unités visitées. Non seulement l’infrastructure ne répond pas aux normes, mais l’hygiène n’y est pas. Cette unité est implantée dans une zone insalubre (à côté d’un dépotoir d’ordure et des toilettes). En somme, une production qui ne répond à aucune norme, d’où sa « fermeture immédiate ». Aussi, l’unité de production d’eau minérale naturelle « Lanaya » à Lafiabougou rencontre le même problème de documents.

La police de l’eau ferme l’unité de production « Bon Dji » à Belleville

Certains promoteurs ne respectent pas les normes

Au terme de la visite, le constat reste mitigé, selon le chef de la mission. « Nous avons constaté que certains promoteurs s’investissent à faire des unités qui respectent les normes. De l’autre côté, il y a des promoteurs qui ne pensent qu’à faire des bénéfices. Ils produisent de l’eau dans un environnement inapproprié, insalubre. C’est notre travail de faire en sorte que ceux qui veulent bien mener l’activité dans les règles de l’art, puissent l’exercer », a-t-il souligné. Avant d’inviter tous les promoteurs qui ne sont pas en règle, à chercher à se conformer aux textes en vigueur.

Pour cette mission, la délégation était composée des agents de la police de l’eau, la police municipale, l’environnement, la police nationale, la gendarmerie, la direction régionale en charge de l’eau, le laboratoire national de santé publique et le ministère en charge du Commerce. Cette mission de contrôle et de répression a permis de sensibiliser certains promoteurs sur le bien-fondé de la visite.

L’intérieur de l’unité de production « Bon Dji »

Par ailleurs, la délégation a visité les différents équipements et systèmes de ces unités de production d’eau. Ce, dans le but de veiller à la qualité de l’eau mise à consommation des populations. « Nous travaillons à assainir le milieu afin de permettre à ces promoteurs qui veulent travailler à vraiment prospérer », a laissé entendre Florentin Garba.

Toutefois, il a affirmé que cette mission n’est pas la première. A l’en croire, la police de l’eau des Hauts-Bassins a effectué, les 22 et 23 juillet 2020, une visite de terrain. Cette mission a permis de visiter 20 unités de production. « Parmi ces unités, une était en arrêt, huit avaient un délai de cinq mois pour se mettre en règle et onze ont été fermées définitivement et on leur a fait payer des amendes », a-t-il souligné. Avant d’afficher son ambition de « durcir le ton ».[ Cliquez ici pour lire l’intégralité ]

Romuald Dofini

Lefaso.net

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