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Violence en milieu scolaire : L’alliance et la parenté à plaisanterie comme un rempart

Dans le cadre des activités de l’Académie Nationales des Sciences des lettres et des Arts (ANSAL-BF) et son collège Sciences Humaines, Lettres, Arts et Culture (SHLAC), une cérémonie de dédicace a réuni, vendredi 27 novembre 2020, les chercheurs, enseignants dans la salle de réunion de l’Institut des Sciences des Sociétés (INSS). Placée sous le patronage du président de l’Académie, le Pr Sérémé Paco, et sous le parrainage du directeur général du fonds national de la recherche et de l’innovation pour le développement (Fonrid), Pr Tamboura Hamidou, elle a consisté à présenter les résultats d’une étude sur les violences en milieu et la parenté à plaisanterie comme le rempart à ce phénomène.

Ce travail a été coordonné par Pr Alain Joseph Sissao et ses collaborateurs qui ont présenté le vendredi 27 octobre 2020 à Ouagadougou, une étude sur la promotion de l’alliance à plaisanterie en milieu scolaire. Les chercheurs ont investigué pour voir la perception qu’ont les élèves et les acteurs du système éducatif dans trois régions du pays (Centre, Centre-Ouest, Plateau central et neuf établissements du primaire, post primaire et secondaire) où la violence en milieu scolaire est forte.

Au Burkina Faso, l’on constate de plus en plus une montée de la violence à l’école. Elle peut être physique ou verbale. Elle se manifeste entre les élèves et les enseignants, entre les enseignants eux-mêmes et entre les élèves également. Pour promouvoir une éducation à la paix et à la citoyenneté dans les écoles et les établissements scolaires, des solutions doivent être vites trouvées. L’alliance et la parenté à plaisanterie peuvent être un remède. C’est pourquoi, des chercheurs burkinabè ont décidé de questionner la place de la pratique culturelle endogène dans les temples du savoir.

Pr Alain Joseph Sissao, un des auteurs du livre

Selon l’un des chercheurs, le Pr Alain Joseph Sissao, l’objectif général de l’étude est de contribuer à la création et au maintien d’un environnement social apaisé. Les chercheurs veulent améliorer les connaissances des élèves sur les alliances à plaisanterie. Ils veulent également accroitre le recours des élèves aux alliances à plaisanterie afin d’améliorer la qualité de leurs rapports réciproques. L’enquête avait pour but aussi d’identifier les défis et les obstacles à relever pour promouvoir les alliances à plaisanterie comme moteur d’un climat social apaisé en milieu scolaire

Les enquêtes ont produit des fruits.

Les résultats montrent que dans l’univers scolaire, selon que l’on soit au primaire, au post primaire et au secondaire, la pratique de l’alliance à plaisanterie est connue. Les élèves ont même une bonne connaissance de la pratique. C’est le cas par exemple d’un des enquêtés qui explique : « Chez les ethnies comme par exemple les mossis et les samos. Le jour du décès d’un Samo, les Mossis se sont placés devant le cortège funèbre et se sont mis à danser, à chanter et à battre les mains. D’autres se couchent sur la voiture et font des grimaces ».

Les participants à la dédicace ont apprécié positivement l’œuvre

Les investigations ont concerné des établissements de trois régions du Burkina. Il s’agit du Centre, du Plateau central et du Centre-Ouest. Le choix des trois régions s’est fait sur la base des critères scientifiques se fondant sur les résultats de recherches/statistiques faisant cas de l’incivisme et des violences scolaires selon les chercheurs.

Critique positive

Les participants à la présentation du livre ont apprécié positivement les travaux. Les Pr Paco Sérémé et Amidou Tamboura ont tenu à féliciter les auteurs. Le premier dira même que les sciences sociales et humaines contribuent au développement. Les Pr Kobiané Jean François et Maxime Compaoré ont tenu à apporter des analyses pertinentes sur le livre, sa dimension sociologique, ses implications culturelles sur la cohésion sociale, le vivre ensemble et son insertion dans les curricula d’enseignements du système éducatif burkinabè en raison du poids démographique de la jeunesse du Burkina. Cette insertion pourrait barrer très tôt les germes de l’intolérance et de la violence dans les composantes citoyennes de la société burkinabè.


Le public a posé des questions sur la genèse, de la pratique, les niveaux de perception des élèves, son ancrage dans la famille et la société afin d’en faire un véritable levier de développement. Ce travail de recherche a été rendu possible grâce au soutien du fonds national de la recherche et de l’innovation pour le développement.

Dimitri OUEDRAOGO

Lefaso.net

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