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Plainte contre le fondateur du cabinet Cecrab : Le dossier, jugé complexe, a été renvoyé à un juge d’instruction

Accusé par d’anciens adeptes du Cecrabisme d’escroquerie aggravée, de diffamation et d’escroquerie sous menaces, le fondateur du cabinet Cecrab, Roch Armel Bakyono, comparaissait ce vendredi 18 décembre 2020. Le procès avait été renvoyé à ce jour pour instruction complémentaire, afin d’aviser les victimes et citer le prévenu qui était absent lors de la première comparution.

Le procureur, au cours de l’audience du jour, a demandé le renvoi du dossier qu’il juge complexe, vers un juge d’instruction pour infractions financières. Cette demande s’explique par le fait que de nouvelles charges comme le blanchiment de capitaux ont été retenues contre le prévenu et aussi parce qu’il y aurait d’autres victimes mis à part celles qui ont porté plainte. Une demande à laquelle le tribunal a adhéré, en renvoyant le procès au ministère public qui va le confier à un juge d’instruction.

Les Cecrabiens venus soutenir leur leader réfutent la thèse de l’escroquerie

Venus de plusieurs pays d’Afrique comme le Congo et la Côte d’Ivoire, les « Cecrabiens » ont pris d’assaut le palais de justice pour soutenir leur leader. Certains d’entre eux sont même cités comme témoins dans l’affaire. C’est le cas d’Alphonse Sanou, adepte du Cecrabisme depuis 2015, et qui a fait le déplacement depuis Abidjan. Pour lui, les faits d’escroquerie reprochés au fondateur du cabinet Cecrab sont infondés et ne sont rien d’autre qu’un règlement de comptes de la part d’anciens Cecrabiens qui voulaient profiter de ses largesses.

Alphonse Sanou, Cecrabien.

Selon lui, certains plaignants sont même allés demander de l’argent pour payer leur loyer, et le maître a refusé. Ce qui a créé des tensions entre eux. « Je suis Cecrabien depuis 2015, j’ai été électrifié et je suis à plus de 120 leçons. Je ne pense pas que l’on puisse escroquer quelqu’un depuis 2015 sans qu’il ne s’en rende compte. Ces leçons m’ont apporté la tranquillité, la force mentale et la force psychique. Lorsque je commençais le Cecrabisme, j’étais timide mais les leçons m’ont donné la paix de l’âme et de l’esprit. Et c’est à partir de ce moment que tout a commencé à changer dans ma vie. Quand je suis arrivé à Abidjan, j’étais au bas de l’échelle, donc pas considéré. C’est quand j’ai commencé l’électrification de la pensée humaine que j’ai commencé à avoir l’estime de mes collègues et de mon patron. A la centième leçon, je suis passé de zéro à être promu premier responsable de la boîte. J’ai aussi le courage de dire ce que je pense et je l’assume pleinement », a témoigné Alphonse Sanou.

Ousseni Bougma, l’un des plaignants.

Pour les plaignants, il y a bel et bien eu arnaque et escroquerie

Ces bienfaits tant vantés du Cecrabisme ne sont pas partagés par tout le monde. Pour un des plaignants, Ousséni Bougma, il y a bel et bien eu escroquerie et il espère que le droit sera dit dans cette affaire. Il nous a livré son témoignage sur son expérience avec le cabinet Cecrab : « J’ai eu recours aux services du cabinet Cecrab en 2018. C’est sur Facebook que j’ai connu Roch Armel Bakyono à travers sa page où il disait qu’un homme qui, jusqu’à 37 ans, n’a pas encore bâti sa propre maison a un problème d’ordre spirituel que, lui, il peut résoudre. C’est ainsi que j’ai cherché à le rencontrer et il m’a dit qu’il me fallait une analyse onomantique. C’est à l’issue de cette analyse qu’il m’a déclaré que j’étais en réincarnation avec le diable et que je ne pourrai pas réussir dans la vie tant que je ne coupe pas le lien. Et pour ce faire, je devais avoir recours à des encens disponibles au cabinet et qui coûtent 50 000 FCFA la boîte. Mon cas nécessitait, selon lui, quatre boîtes. Je me suis donc sacrifié pour acquérir ces boîtes d’encens. Il nous défendait également de montrer nos analyses onomantiques à qui que ce soit, car c’est un secret. Lorsque j’ai fini les quatre boites d’encens, je suis allé le rencontrer à son bureau et il m’a dit que j’ai besoin de purification car je pue. C’est à ce moment que j’ai commencé à me poser des questions. En plus des encens, le fondateur du Cecrab nous donnait également des mantras à 30 000 F CFA par semaine qu’il fallait réciter jour et nuit pour l’électrification de la pensée. Cela devait permettre d’attirer à nous tout ce que l’on désirait. Dans mes fouilles sur internet, je me suis rendu compte que ce sont les mêmes mantras tibétains qu’il nous vendait et disait de ne pas les donner à quelqu’un. Et lorsque vous commencez, il vous défend d’arrêter sinon votre voyage spirituel prendra fin. Ce qui nous amenait à nous endetter pour pouvoir continuer. J’ai aussi pris mon courage pour montrer mon analyse onomantique à d’autres personnes et nous nous sommes rendu compte que c’est la même chose qu’il nous donnait ». Ousseni Bougma nous a confié avoir investi dans cette aventure, plus d’un million et demi de F CFA. Il affirme que certains plaignants, surtout des femmes et des jeunes filles, se sont retirés du collectif, parce le cabinet détient des messages et des images compromettantes contre eux.

Les plaignants espèrent que les juridictions compétentes statueront sur les faits afin de mettre fin au Cecrabisme qui, selon eux, fait plus de mal que de bien aux adhérents.

Armelle Ouédraogo

Lefaso.net

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