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Rétrospective santé 2020 : Covid-19, le règne absolu

L’année 2020 dans le secteur de la santé a été marquée par la pandémie du Covid-19 au Burkina Faso comme ailleurs dans le monde. Entre solidarité et polémiques, revivez cette année, pas comme les autres.

C’est à Wuhan en Chine que sont notifiés les premiers cas du nouveau coronavirus en décembre 2019. De cette ville, la maladie s’étendra pour toucher le reste du monde. Dès l’apparition du Covid-19 en Chine et au vu de l’ampleur que prenait alors la maladie, le gouvernement burkinabè à travers le ministère de la Santé et ses partenaires élaborent alors un plan de préparation et de riposte à une éventuelle entrée de cette maladie sur le territoire, d’un coût d’environ douze milliards de F CFA au départ, passera à plus de 177 milliards de F CFA. Des dispositions sont prises aux douze points d’entrée terrestres et aux deux points d’entrée aéroportuaires du pays. La maladie semblait alors loin des portes du pays.

Puis, le 9 mars 2020, le Burkina Faso enregistre ses deux premiers cas de Covid-19, le couple pastoral Karambiri. Dès lors, peu à peu, d’autres cas sont déclarés. Le Centre des opérations de réponse d’urgence aux épidémies (CORUS) est activé pour coordonner la lutte contre la maladie. Un numéro vert est mis en place pour que toute personne estimant avoir les symptômes du Covid-19 ou avoir été en contact avec un malade appelle pour donner l’alerte.

Devant l’augmentation des cas, le gouvernement prend des mesures pour freiner la propagation de la pandémie : marchés fermés, ainsi que les lieux de culte, les rassemblements de plus de 50 personnes interdits, les villes ayant enregistré au moins un cas, mises en quarantaine, les transports interurbains interdits, les activités culturelles également, etc. Mais toutes ces mesures finissent par mettre à mal l’économie et agacer les populations. On voit alors des commerçants manifester pour la réouverture des marchés ou de jeunes musulmans donner de la voix également pour la réouverture des mosquées.

Ils auront gain de cause, puisque les jours qui suivent, le gouvernement autorise de nouveau la réouverture des marchés et des lieux de cultes et impose le respect des mesures barrières avant d’avoir accès à ces endroits. Mais pour combien de temps ? Que ce soit dans les lieux de culte, les marchés ou les services, les lave-mains sont juste là pour la décoration.

Certains même ne croient plus en la maladie. Et pour ne rien arranger, la campagne électorale qui a occasionné de grands rassemblements dans les stades, les salles et les marchés, sans qu’aucune mesure barrière ne soit respectée, a apporté de l’eau au moulin de ceux qui sont convaincus, que la maladie n’existe pas et que c’est une forme de business pour les autorités.

Conséquence de ce relâchement, aujourd’hui le Covid-19 atteint de nouveaux pics au Burkina Faso. À la date du 3 janvier 2021, ce sont 7 051 cas dont 2 595 femmes et 4 456 hommes qui sont touchés par le Covid-19 avec, 86 décès et 5 259 guérisons. On enregistre à la même date, 1 706 cas sous traitement.

Le premier décès et la polémique

S’il y a un fait qui a marqué la lutte contre le Covid-19, c’est bien le décès de la députée Rose Marie Compaoré/Konditamdé, première victime du Covid-19. Selon les protocoles, après son décès, le domicile devait être désinfecté. Chose faite assure la ministre de la Santé, Pr Léonie Claudine Lougué, à l’Assemblée nationale. Notre confrère Ladji Bama, lui soutient le contraire dans les colonnes de Courrier confidentiel. Puis quelques jours plus tard, c’est au micro de la télévision BF1 que l’époux de la défunte soutiendra que son domicile n’a jamais été désinfecté après le décès de son épouse.

Devant la polémique qui enfle, la ministre de la Santé, dans une interview accordée à Ladji Bama, fait son méa culpa et accuse ses collaborateurs de l’avoir « fait mentir », puisque c’est eux qui ont lui ont assuré avoir désinfecté le domicile de la défunte députée. L’Assemblée nationale qui s’est intéressée à la question n’est pas parvenue à lier le décès de la députée au Covid-19. Le mystère demeure entier.

Covid-19 et solidarité

Pour faire face à la pandémie du Covid-19, le président du Faso a lancé un appel à la solidarité. Dès lors, de nombreux partenaires, entreprises, ONG, etc. ont fait des dons au ministère de la Santé et aux hôpitaux pour contribuer à la lutte contre le Covid-19. Certaines organisations, associations et personnalités, ont, elles, choisi de s’impliquer dans la sensibilisation pour lutter contre la maladie. L’Assemblée nationale a même lancé le Coronathon qui a permis de collecter plus de 450 millions de F CFA.

Les chercheurs et les tradipraticiens du Burkina Faso ne sont pas non plus restés en marge de la lutte contre le Covid-19. Les derniers, cités ont proposé des plantes qui à défaut de guérir le Covid-19, pourraient le prévenir.

Le Haut conseil national de la recherche scientifique et de l’innovation s’est également réuni pour mettre en place une commission spécialisée qui a formulé des recommandations pour endiguer la propagation du coronavirus. Deux essais cliniques sont menés et concernent le CLORAZ (qui associe l’Hydroxychloroquine et l’Azytronomicine) et l’Apivirine. Mais depuis quelques jours, les résultats de ces essais cliniques sont tombés et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ne font pas l’unanimité au sein de la communauté scientifique.


Lire aussi Essais cliniques autour du Covid-19 au Burkina : Des résultats qui font polémique


Covid-19 et vaccin au Burkina Faso

Le laboratoire américain Pfizer a mis au point un vaccin contre le Covid-19. En Amérique et en Europe, les vaccinations ont débuté tant bien que mal au mois de décembre. Le Burkina Faso se prépare également en créant un comité national d’organisation de l’introduction du vaccin contre le Covid-19. Il est présidé par le ministre de la Santé avec pour vice-présidents, les représentants résidents de l’OMS et de l’UNICEF.

Somme toute, le Covid-19, au-delà de la solidarité et des polémiques qu’il a suscitées, aura surtout mis à nu les failles du système de santé et montrer la nécessité pour le Burkina Faso de mieux équiper les formations sanitaires.

Justine Bonkoungou

Lefaso.net

Source : lefaso.net

Faso24

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