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Nomination du Premier ministre: « Il n’y a pas grand espoir à attendre », Adama Amadé Siguiré


Ce mardi 05 janvier 2021, Christophe Marie Joseph Dabiré a été reconduit à la tête du gouvernement burkinabè. De l’avis de plus d’un citoyen, à travers cette reconduction, le chef de l’État, Roch Marc Christian Kaboré semble avoir privilégié une direction gouvernementale de continuité pour son dernier mandat présidentiel de 5 ans. Puisqu’à l’hémicycle également c’est Alassane Bala Sakandé qui a été reconduit president de la 8e législature. Adama Amadé Siguiré, écrivain professionnel, a réagi à cette reconduction de Christophe Marie-Joseph Dabiré au micro de Minute.bf. Il estime que cet acte de reconduction est une preuve de «sagesse» d’autant plus que Roch Kaboré « a préféré travailler avec celui qu’il connait assez ».

« D’abord, je voudrais dire que je ne suis pas du tout étonné lorsque j’ai appris hier soir (5 janvier, ndlr)que Monsieur Dabiré a été reconduit. Ça ne me fait ni chaud ni froid parce que je ne suis pas étonné. Avant tout, je voudrais dire que beaucoup de gens ne comprennent pas ce qu’on appelle un système présidentiel. Dans un système présidentiel il n’y a rien à attendre d’un Premier ministre. Le Premier ministre n’est que le chef cuisinier. C’est à dire qu’il n’est pas là pour faire ce que lui même il veut.

L’ espoir se trouve chez Roch lui-même ou bien le désespoir se trouve chez lui. Soit c’est Roch qui change les choses, soit c’est lui-même qui ne les change pas. Le Premier ministre ne peut rien changer, il n’est qu’un exécutant. Dans le système presidentialiste, c’est la personne du président qui compte et non la personne du Premier ministre. Peut importe celui qui sera le Premier ministre, il ne peut rien changer si le président ne veut rien changer. Donc le Premier ministre n’est qu’un coordonnateur, un chef cuisinier du président du Faso qui peut le chasser le jour où il veut et quand il veut. C’est comme un chef cuisinier; le jour où il prépare mal vous pouvez le chasser sans même un préavis.

Le Premier ministre dans ce régime n’est pas assez important que cela, le président même peut se passer d’un Premier ministre. Quand moi je vois tout le bruit autour de ça, je pense que les Burkinabè ne comprennent pas trop ce système. Il pense qu’un Premier ministre est important, qu’il donne la direction à l’action gouvernementale. Non. C’est le président qui donne la direction à l’action gouvernementale. Le Premier ministre ne fait que coordonner le mouvement entre les différents ministres c’est tout son travail.

« Moi même je ne m’attendais pas à ce qu’il fasse mieux »

Pour continuer, je dirai que je n’ai pas été surpris par sa reconduction qui reste d’ailleurs dans la logique des choses. Puisque si les Burkinabè ont reconduit Roch c’est parce qu’ils estiment qu’il a fait un bon travail. Et il n’a pas fait le travail seul, il l’a fait avec une équipe. Les deux dernières années il a travaillé avec Christophe Dabiré et Bala Sakandé. Voilà pourquoi c’est tout a fait naturel qu’on reconduise le Premier ministre s’il a reconduit le président de l’Assemblée nationale. Puisque les gens estiment que le travail est bon, donc on doit aussi reconduire les mêmes personnes pour continuer et voir ce que ça va donner. Il est resté dans cette logique de reconduction des mêmes hommes parce que son score est passé de 53 à 57%.

Moi même je ne m’attendais pas à ce qu’il fasse mieux. Au delà de cela aussi, on pourrait voir qu’il a préféré la sagesse. On pouvait penser qu’il allait nommer quelqu’un de l’opposition ou bien l’oiseau rare comme en 2015 venu de l’extérieur. Mais bon, il a préféré travailler avec celui qu’il connait assez. Et la personne qu’il connait assez c’est Christophe Dabiré avec qui il a passé deux ans. Et comme c’est juste une continuité, il n’y a pas de changement dans la direction gouvernementale. C’est un homme très prudent qui ne veut pas prendre de risques et pour cela il a préféré travailler avec les mêmes personnes qu’il connait déjà assez. Maintenant, concernant les défis, je peux dire qu’il y a beaucoup de défis à relever.

« Même si tout le gouvernement venait à être reconduit moi je ne serais pas surpris »

Et comme je l’ai dit, un Premier ministre ne relève pas de défis. Voilà pourquoi je dis que beaucoup de gens ne comprennent pas bien le poste de Premier ministre au Burkina Faso. C’est le président lui-même qui relève des défis. Le Premier ministre ne peut pas quitter cette norme gouvernementale imposée par le président pour imposer lui-même sa propre volonté. Pour moi, c’est un non événement. Je ne m’attends à rien de particulier. Roch lui-même a de grands défis à relever. Et ces défis selon moi c’est la lutte contre la corruption parce que c’est un gouvernement assez corrompu depuis Blaise Compaoré jusqu’à Roch.

C’est une gouvernance sans directives crédibles. Ce sont des gens qui naviguent par tatonnement. Et au delà de cela, il y a que c’est un gouvernement qui ne met pas au centre de ses préoccupations les grands projets de développement du pays tels que l’éducation, la santé. Maintenant ces défis, c’est à Roch de les relever et il se fera accompagner par son Premier ministre. S’il est conscient de ces défis et qu’il tient à les relever, il se fera accompagner par son Premier ministre. S’il est conscient de ces défis, peut être que le premier ministre pourrait l’aider.

Même si tout le gouvernement venait à être reconduit moi je ne serai pas surpris parce que tout au moins c’est de la volonté de la majorité du peuple Burkiabè et non de ma volonté. C’est une gouvernance de la continuité qui ne propose rien comme rupture, il n’y a pas grand espoir à attendre ».

Propos recueillis par la rédaction de Minute.bf

Source : Minute.bf

Faso24

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