Politique

Affaire Thomas Sankara : La France « a tenu parole », en déclassifiant les documents couverts par le secret national

L’État français a, ce samedi 17 avril 2021 à Ouagadougou, et par l’intermédiaire de son Ambassade au Burkina, transmis le troisième et dernier lot d’archives Thomas Sankara dans le cadre de la commission rogatoire internationale.

La France a ainsi « tenu parole », selon le ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, de la Coopération, de l’Intégration africaine et des Burkinabè de l’Extérieur, chargé de l’Intégration africaine et des Burkinabè de l’Extérieur, Maxime Koné, qui a officiellement réceptionné les trois enveloppes scellées. Tout en soulignant l’intérêt pour le pays (Burkina) d’entrer en possession de ces archives, Maxime Koné estime que cet acte traduit aussi l’excellence de la coopération judiciaire entre la France et le Burkina. « Nous osons croire que ces documents vont permettre d’avoir des informations complémentaires pour cette affaire (le juge d’instruction ayant déjà donné le ton) », a commenté le mandataire de l’État burkinabé, Maxime Koné.


En effet, lors de son passage à Ouagadougou, en novembre 2017, le président français, Emmanuel Macron, avait, en réponse aux demandes de la justice burkinabé, promis que tous les documents produits par les administrations françaises pendant le régime de Thomas Sankara et après son assassinat, couverts par le secret national, seront déclassifiés et consultés.

Ainsi, deux premiers lots ont été transmis aux autorités burkinabé en octobre et décembre 2018.

Selon l’ambassadeur de France au Burkina, Luc Hallade, ces deux premiers lots sont constitués de productions issues à la fois des administrations centrales et des postes (pour l’essentiel Ouagadougou, Abidjan, Lomé, Dakar, Alger). « Le contenu ne comporte pas uniquement des notes diplomatiques, mais surtout des notes d’analyse, des notes de renseignements ou encore des documents locaux (tracts) », précise l’ambassadeur.


Le troisième lot concerne les archives du ministère de l’intérieur qui dispose de plusieurs archives en lien avec le contexte de l’assassinat de Thomas Sankara. « Nous avions informé, dès réception des lots, les autorités burkinabé compétentes. Elles l’ont été à la fin du mois de février 2021 pour ce qui concerne ce troisième lot. Ces archives sont arrivées à l’Ambassade sous plis fermés. La séparation des pouvoirs impose, comme au Burkina Faso et en France, que nos justices soient indépendantes du pouvoir exécutif. La qualité de la justice burkinabé est telle que les éléments contenus dans ces dossiers d’archives françaises et portés au dossier d’instruction par le juge burkinabé, ne doivent pas nous faire oublier que cette même justice a des moyens d’investigations propres. Le dossier de l’instruction judiciaire qui a amené cette semaine la chambre du tribunal militaire à rendre, mardi 13 avril, son verdict dans son délibéré, contient certainement bien plus d’éléments que les seules archives françaises, sur lesquelles l’opinion se focalise », a déclaré le diplomate français.


Cette remise officielle intervient après que le tribunal militaire (la chambre d’accusation) ait, mardi 13 avril 2021, confirmé des charges contre les personnes mises en accusation dans l’affaire Thomas Sankara.

O.L

Lefaso.net

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