Les faits divers de Zatibagnan : Le soldat

La meilleure façon d’éviter des problèmes, c’est de ne pas convoiter ce qui n’est pas à soi. Le cas échéant, mourir peut parfois être mieux que vivre !

Le mari rentra ce soir-là voir sa femme dans la chambre. C’est ce qu’ils faisaient lorsqu’il y avait des décisions importantes à prendre.

-La nation m’appelle encore,  chérie.

-Je comprends.

-Je vais au front pour te défendre, défendre ma famille et assurer un meilleur avenir à notre enfant.

-Tu n’as pas besoin de te justifier. Le jour où tu as salué le drapeau de notre pays, je savais que tu ne m’appartenais plus.

-Je ne suis pas sûr de revenir. C’est le front le plus meurtrier !

-Vas. Bas-toi. Je sais que tu me reviendras. D’une manière ou d’une autre….

L’homme attira sa femme dans son giron et l’étreignit. Clarisse étouffa un sanglot et serra son mari très fort. Le lendemain, il partit. Sans se retourner. L’éloignement la remplit de sanglots mais l’allure fière et martiale de ce soldat d’une unité spéciale de l’armée burkinabè l’inonda de fierté.

Et elle se murmura cette phrase : « Si le pays tient toujours debout, si des hommes et femmes boivent toujours la bière et mangent du poulet chaque soir dans les maquis, c’est grâce certainement à lui ».

Elle soupira et revint dans sa maison pour s’occuper des besoins de son enfant de 4 ans, avant de l’accompagner dans cette école maternelle située en plein cœur du quartier Pissy.

Clarisse est une femme intelligente. Elle est une femme très belle. Le teint noir d’ébène de son visage est davantage mis en valeur par un sourire étincelant illuminé par une rangée de colombes immaculées qui lui tient lieu de dentition. Ses rondeurs africaines sont difficilement cachées par ses habits pourtant pas très près du corps.

De quoi réveiller de basses convoitises de la part des hommes. La plupart désertait lorsque la nature du travail de son mari était révélée, pendant que d’autres restaient en orbite, attendant une hypothétique marée émotionnelle pour retenter leur chance. Car le corps humain peut résister à la tentation pendant une certaine durée. Mais les choses deviennent plus compliquées lorsque le mari passait trois mois au front.

Convaincu qu’il y aurait forcément une brèche et que, dans tous les cas, les femmes résistent rarement à la persévérance, Cédric insista auprès de Clarisse pour bénéficier de ses charmes pendant ces trois mois. Sourd à cette sempiternelle phrase de Clarisse, « tu n’as pas honte ! La femme que tu veux posséder est celle de l’homme qui donne sa vie au combat pour que tu puisses respirer la liberté », l’homme insistait.   Revenant à la charge chaque jour, toujours et tous les jours. Jusqu’au jour où, finalement, Clarisse céda. A la grande joie de Cédric.

Et c’est dans la demeure du soldat que l’homme voulut assouvir ses envies. Ce fut une nuit. Pendant que Clarisse endormait l’enfant au salon, Cédric entra dans la chambre conjugale et se coucha de tout son long sur le lit. Nu. Et cria :

-Alors, chérie, tu viens ?

C’est à ce moment que la porte de la douche s’ouvrit. Et notre commando apparut, vêtu de toute son armada. Cédric entendit le déclic du verrou de la porte de la chambre qui se fermait, verrouillée par Clarisse du dehors. Et la voix, calme, mais sinistrement dangereuse du soldat prononcer :

-Bonsoir, cher rival !

Zatibagnan

A vendredi prochain pour un autre fait divers !

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