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Burkina : « nous ne devons pas politiser l’humanitaire » Laurence Ilboudo/MARCHAL

Faire le point de la situation humanitaire nationale et le registre social unique au Burkina Faso, tel a été l’objectif du point de presse animé par la ministre Laurence Ilboudo/Marchal. C’était ce lundi 13 septembre 2021.

 

Le sujet qui a fait « la Une » en ce qui concerne la situation humanitaire nationale, était cette question d’échange « de sexe contre des vivres ». Pour la ministre en charge de l’action humanitaire, Laurence Ilboudo, ce sont des allégations en s’appuyant sur le communiqué du procureur du Faso. Et d’ajouter que le dossier est en justice, et que les responsabilités seront situées pour que des sanctions soient prises à l’égard de ces personnes. Selon Laurence Ilboudo, l’action humanitaire ne doit pas être politisée. « Tout le monde sait que je suis une femme politique mais ce qui relève de la question humanitaire, il n’y a pas lieu d’y faire la politique. Nous devons respecter les principes de l’action humanitaire », a-t-elle précisé.

Situation des PDI

A en croire Laurence Ilboudo, à la date du 31 août 2021, la prise en charge des personnes déplacées internes (PDI) est la suivante : 1.313.769 personnes déplacées internes et populations vulnérables ont bénéficié d’une assistance alimentaire de 38000 tonnes  dans toutes les 13 régions du pays ; 03 forages fonctionnels ont été réalisés à Kaya, Pissila et Ouahigouya; 63 158 kits d’articles ménages essentiels ont été mis à la disposition des PDI dans les Régions de la du Boucle du Mouhoun, du Centre-Est, du Centre-Nord, de l’Est, du Nord et du Sahel; 680 kits d’hygiène et de dignité, 542 kits de protection anti-COVID-19 et transfert monétaire au profit de 269 ménages vulnérables dans la région de la Boucle du Mouhoun ; 78 708  PDI  et populations hôtes vulnérables ont bénéficié de cash transferts pour  un montant de 2 813 811 000  F CFA.

Pour le volet relatif aux personnes déplacées internes et victimes de catastrophes naturelles, les statistiques au 31 août 2021, selon la ministre en charge de l’action humanitaire, sont présentés comme suit : 1 423 378 personnes déplacées internes, accueillies dans 274 communes réparties dans toutes les 13 régions du pays ; 20 829 sinistrés provenant de 22 communes. Ces 22 communes sont réparties sur 10 régions du pays. Outre les dégâts matériels importants constatés, on déplore malheureusement, 87 blessés dont 12 graves et 09 morts. Dans ce volet, des actions sont engagées pour aider les personnes sinistrées. Il s’agit : un appui alimentaire a été apporté à 14.307 exploitants de la plaine de Bagré dont les champs ont été inondés au cours de la campagne agricole de 2020 ; une assistance alimentaire a été apportée à 3160 victimes d’inondations et une distribution de 1580 kits d’articles ménagers essentiels (nattes, moustiquaires et savons) dans la commune de Fada N’Gourma avec l’appui de la CEDEAO ; un cash transfert par ménage à titre de contribution pour la réhabilitation des logements détruits par les inondations d’un montant de 250 000 francs CFA à 135 ménages des communes de Kongoussi, Tougouri et Kaya avec l’appui de la CEDEAO ;  un accompagnement au relèvement a été apporté à 1000 ménages dans les zones à risque, à raison de 500 000 FCFA  par ménage, pour un montant global de 500 000 000 FCFA. Les détails par régions donnent 577 ménages bénéficiaires pour le Centre-Nord, 80 pour le Sahel, 165 pour l’Est, 93 pour la Boucle du Mouhoun et 85 pour le Nord.

Situation des enfants

Depuis un certain temps, les phénomènes qui affectent les enfants prennent des proportions inquiétantes dans notre pays. Les chiffres suivants témoignent de leur ampleur.  » S’agissant de la mobilité à risque et de la traite des enfants, les rapports sur la traite des personnes élaborés par mon département indiquent que le nombre d’enfants présumés ou victimes de traite interceptés par les services de sécurité est de 2 318 en 2020. Au premier trimestre de l’année 2021, ce sont 374 enfants qui ont déjà été interceptés » a déploré la ministre;

En ce qui concerne les enfants rencontrés lors des opérations de sécurisation du territoire par les Forces de défense et de sécurité, depuis le début de la crise sécuritaire, c’est au total 58 enfants qui ont été remis aux services sociaux. Quant au phénomène des enfants et jeunes en situation de rue, les résultats des différents recensements organisés dans les 49 communes urbaines du pays indiquent que notre pays comptait : 2 146 enfants et jeunes en situation de rue dont 56 filles en 2002 ; 5 721 enfants et jeunes en situation de rue dont 739 filles et 57 enfants de moins de 5 ans en 2010 ;9 313 enfants et jeunes en situation de rue dont 1749 filles et 922 enfants de moins de 5 ans en 2016. 44, 24% de ces enfants vivent de la mendicité. « Mon département, en collaboration avec les partenaires techniques et financiers et les autres départements ministériels concernés, a mené  plusieurs actions de prévention. A ce titre, on peut citer entre autres les actions de sensibilisation sur les droits et les devoirs de l’enfant ; la création du Conseil National de Vigilance et de Surveillance dans le cadre de la lutte contre la traite des personnes ; la mise en place des réseaux et des cellules communautaires de protection de l’enfance dans 45 provinces, 76 communes et 412 villages du Burkina Faso ; la mise en place d’un numéro d’alerte et de dénonciation des violences faites aux enfants, le 116 ; l’adoption de la Stratégie Nationale 2020-2024 de Protection de l’Enfant. »  a laissé entendre Hélène Marie Laurence ILBOUDO/MARCHAL, ministre de la Femme, de la Solidarité nationale, de la Famille et de l’Action humanitaire.

Pour les actions entreprises dans le cadre du retrait des enfants et des femmes en situation de rue, les résultats suivants ont été atteints selon Laurence Ilboudo. 244 femmes précédemment dans les rues, ont bénéficié d’une formation, d’un équipement et d’un fonds de roulement pour la mise en œuvre d’activités génératrices de revenu. Le retrait de ces femmes a permis que l’on apporte une protection à 575 enfants qui les accompagnaient dans les rues ; 2218 enfants ont  été retirés de la rue. Parmi ceux-ci, on note que 324 enfants sont dans les internats éducatifs à Gampèla, Fada N’Gourma, Orodara et Kaya ; 239 enfants sont dans les centres d’accueil d’urgence de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso ; 936 enfants ont été remis aux parents après sensibilisation ; 617 talibés ont été remis aux Maîtres coraniques après sensibilisation ; 55 enfants ont été remis dans le circuit scolaire et bénéficient d’un suivi en famille ; 47 enfants ont été placés en formation professionnelle et sont suivis en famille.

En plus de ces actions entrant dans le cadre de la prise en charge des personnes vulnérables, le gouvernement envisage la finalisation de la construction du Centre d’Education et de Formation Professionnelle de Ouahigouya afin d’accroitre l’offre de prise en charge des enfants en difficultés ; le renforcement des capacités des structures de prise en charge des enfants en difficultés existantes; la déconcentration du FAARF pour le rendre plus accessible aux femmes ; le renforcement ou l’ouverture de services sociaux spécialisés  dans les communes, les lycées et les maisons d’arrêt, afin de rapprocher davantage les prestations du ministère des bénéficiaires.

Aubin OUÉDRAOGO

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