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Mali : incertitude sur le délai de la transition

Les autorités de la Transition malienne pourront-elles respecter le calendrier électoral prévu la fin février 2022 ? Les derniers développements de l’actualité au bord du fleuve Djoliba laissent entrevoir un report sine die de la tenue des élections. Lors de sa rencontre avec les diplomates étrangers accrédités à Bamako, le Premier ministre, Choguel Maïga, a clairement laissé entendre que les élections n’étaient pas « une priorité ».

« Il ne faut pas une transition bâclée », a-t-il dit en substance. La priorité du gouvernement semble désormais porter sur l’organisation des assises nationales. Des rencontres au cours desquelles toutes les composantes sociales maliennes prendront la parole pour panser les maux qui étreignent le pays.

Selon l’argumentaire du chef du gouvernement, c’est l’issue des assises nationales qui décidera de la date des élections. En clair, l’on s’achemine vers une prorogation de la durée de la transition. L’assurance que les nouvelles autorités avaient donnée lors du coup de force de mai dernier quant au strict respect du calendrier électoral est en train d’être remise en cause au fur et à mesure que l’on s’approche de la date du scrutin.

Le processus électoral dont aucune activité n’a encore été lancée jusque-là prouve également, à souhait, la volonté des autorités de la Transition d’aller au-delà du délai prescrit. Toutefois, il reste à convaincre l’ensemble de la classe politique de la nécessité du report des élections.

Des leaders de partis politiques ont déjà exprimé leur désapprobation quant au non-respect du calendrier électoral. Dans la même veine, ils annoncent boycotter les assises que le gouvernement entend impérativement organiser. A l’allure où vont les choses, le Mali court le risque de s’enliser dans une crise préjudiciable au retour de l’ordre constitutionnel dans un délai raisonnable.

Si le gouvernement est dans la logique de proroger la durée de la transition, il faudra nécessairement obtenir le compromis consensuel avec toute la classe politique. Combien de temps cela va-t-il prendre d’autant plus que chacun voudra vaille que vaille défendre ses intérêts. C’est donc des lendemains faits d’incertitudes, conjugués à l’appareil judiciaire qui est en train de solder les comptes du régime déchu d’Ibrahim Boubacar Keita, qui se profilent à l’horizon.

Ce qui est en train de se tramer aujourd’hui au Mali occulte la priorité des priorités qu’est le péril sécuritaire en grande partie à l’origine de cette instabilité institutionnelle. Les calculs politiques sont en train de faire ombrage aux vrais défis du Mali. Ce serait une illusion pour les autorités de la transition de prétendre régler tous les problèmes du Mali avant de s’inscrire dans la dynamique de l’organisation des élections. C’est plutôt à l’aune du retour à l’ordre constitutionnel, avec des autorités issues des urnes, que la perspective d’une recherche participative et inclusive de solutions aux maux du pays pourrait véritablement s’amorcer.

Ce n’est pas en manœuvrant pour repousser le délai de la transition que le Mali s’en sortira exempt des difficultés. C’est plutôt la volonté et le sens du patriotisme qui permettront à ses leaders politiques de s’élever au-dessus des intérêts partisans et des ambitions démesurées pour sauver le pays. Comme l’a si bien dit Dwight Eisenhower « l’intégrité est la qualité suprême du leadership ». Un leadership assumé au service de l’intérêt de tous devrait s’élever au-dessus des petits calculs de politiciens.

Karim BADOLO

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