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Sénégal : Sauvegarder les acquis démocratiques

Au Sénégal, un violent affrontement a eu lieu, mardi dernier, à Ziguinchor, entre des partisans d’Ousmane Sonko, leader du parti d’opposition le Pastef, et ceux de Doudou Ka, responsable de l’Alliance pour la République (APR), de la majorité présidentielle. Ces échauffourées ont éclaté dans la commune de Ziguinchor pendant que M. Sonko s’entretenait avec des opérateurs économiques de la localité.

Cet affrontement, qui intervient alors que le pays s’achemine vers l’organisation d’élections locales prévues en janvier 2022, aurait occasionné malheureusement une dizaine de blessés. Loin d’être anodins, les événements de Ziguinchor, toute proportion gardée, viennent encore rappeler la fragilité du climat sociopolitique qui prévaut au pays de la Teranga. L’on se rappelle, en effet, des soubresauts de « l’affaire Sonko » qui a cristallisé l’attention de l’opinion nationale et internationale.

Une affaire qui, disons- le, tout de go, aura fait jaser plus d’un, à l’intérieur comme à l’extérieur du Sénégal, en raison de sa connotation extrêmement politique. C’est d’ailleurs pourquoi, d’aucuns voient dans les récents événements de Ziguinchor des relents politiques de cette crise qui a manqué de peu d’embraser le pays. Sans verser dans un pessimisme gratuit, ces heurts entre militants dont on sait les antécédents, n’augurent pas de meilleurs lendemains pour le peuple sénégalais.

Pourtant, ce pays a longtemps été apprécié pour sa gouvernance démocratique. Alors que les responsables des partis impliqués dans ces altercations se rejettent la responsabilité, par médias interposés, comme nombre d’observateurs le soulignent, c’est à la classe politique dans son ensemble qu’il faut jeter l’anathème. Cependant, on peut se demander si ces actes ont été savamment orchestrés par des politiciens véreux ou l’œuvre isolée provenant d’individus indélicats ? Rien n’est moins sûr ! Car, ce qui ne surprend pas, c’est que la politique, telle que pratiquée au Sud du Sahara est malheureusement faite, le plus souvent, de violences orchestrées par des personnes prêtes à tout pour parvenir à leurs fins.

Or, le Sénégal, faut-il le rappeler, est perçu comme l’un des labels démocratiques en Afrique de l’Ouest pour son alternance démocratique, depuis bien longtemps. De ce fait, les acteurs politiques du pays, toutes obédiences confondues, à l’orée des élections locales, doivent faire profil bas afin de ne pas réveiller les vieux démons. Cela devrait passer par une formation politique conséquente de leurs militants, en ayant surtout à l’esprit la sauvegarde des acquis démocratiques.

Ce, d’autant plus que, vraisemblablement, c’est à l’approche des échéances électorales que les situations de ce type sont courantes, à l’image d’autres pays africains. A ce propos, il appartient à la classe politique de savoir raison garder en évitant, autant que faire se peut, de livrer leurs militants à des scènes qui ne les honorent pas et, bien plus qui fragilisent la cohésion sociale. Cela vaut bien pour beaucoup de pays d’Afrique où la démocratie peine à s’enraciner en raison des comportements peu orthodoxes de certains responsables politiques. La politique, ce n’est pas la violence.

A-t-on coutume de dire. Et aux jeunes, manipulables à souhait, souvent au devant de ces scènes macabres, il convient de privilégier, dans leur vision et démarche, la force de l’argument plutôt que l’argument de la force. C’est à cette seule condition qu’il est possible de participer activement à la construction d’une démocratie basée sur des socles solides au profit de la postérité. Il faut de la pondération et de la mesure pour ne pas ébranler la quiétude sociale.

Soumaïla BONKOUNGOU

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