15-Octobre : « Si nous voulons nous développer, nous devons appliquer la politique de Sankara » (ADR)

Ceci est une déclaration de l’Alliance des démocrates révolutionnaires (ADR) à l’occasion du 15-Octobre, date anniversaire de l’assassinat du capitaine Thomas Sankara et de ses compagnons.

Peuple du Burkina

Militantes et militants de l’Alliance des démocrates révolutionnaires (ADR)

Chers camarades

Cette année encore, à l’occasion du trente-quatrième (34è) anniversaire de l’assassinat du président Thomas SANKARA qui marqua en même temps la fin de la belle aventure révolutionnaire engagée dans notre pays depuis le 4 août 1983, nous nous faisons le devoir de nous rappeler notre attachement à l’idéal révolutionnaire, et notre hâte de voir le dénouement dans le jugement du dossier concernant la liquidation physique du père de la révolution et de ses compagnons. Le procès qui a cours ne nous révèlera certainement pas toute la vérité, mais il aura le mérite de situer la responsabilité de certains acteurs nécrophiles du 15 octobre 1987.

Pour nous, le droit romain suivra son cours avec tous les artifices qui l’accompagnent pour montrer ou démontrer le degré d’implication de chacun des « présumés innocents » afin d’aboutir à leur culpabilité ou à leur innocence, mais en réalité les faits sont têtus et c’est le fait de vouloir défendre l’indéfendable qui frustre davantage, et qui cristallise la volonté des partisans des victimes de voir punir les coupables qui seront reconnus tels.

Peuple du Burkina

Militantes et militants de l’ADR

Chers camarades

Le coup d’Etat du 15 octobre 1987 a profité à Blaise COMPAORE qui a d’abord passé le temps à servir à notre peuple des versions toutes aussi diverses que contradictoires pour justifier la mort de celui qu’il appelait hypocritement son frère. De son sommeil dû à un paludisme en passant par le complot de 20 heures, jusqu’aux propos du genre « c’est parce qu’il avait du succès avec la presse qu’il se croyait aimé de tous » tenus par ce bourreau, il apparaît clairement un choix délibéré de tuer l’homme pour prendre le pouvoir.

Par la suite, l’idée de faire voter une loi d’amnistie pour le protéger montre que l’intéressé se reproche quelque chose ; de même le changement de nationalité pour ne pas être extradé indique bien que sieur COMPAORE reconnaît avoir agi en mal.

Et juste avant d’être chassé du pouvoir par le peuple, il a affirmé à propos de l’exhumation du corps de Thomas SANKARA qu’il n’y avait pas lieu de le faire parce que c’était bien lui qui y gisait (il le savait mais il n’a jamais voulu le dire à la famille du martyr à cause du mépris avec lequel il l’a fait enterrer).

En dehors de tous ces éléments, des scénarios ont été montés dans ce pays pour salir la mémoire de l’homme avec cette histoire de valises d’argent trouvées dissimulées dans ses affaires ; des missionnaires ont sillonné les 30 provinces pour expliquer de façon tronquée cette tragédie du 15 octobre en mettant l’accent sur le fait qu’il avait préparé un complot pour 20 heures qui a été déjoué.

Avec tous ces éléments, en dehors du fait qu’on est soumis aux canons du droit romain, il n’y aurait plus à douter que le 15 octobre a été initié, planifié et exécuté dans l’intention de tuer pour prendre le pouvoir pour le pouvoir. Du reste, Hyacinthe KAFANDO qui faisait partie des forts du moment n’hésitait pas à dire qu’il avait tué l’âme de SANKARA dans le noir avant de l’exécuter physiquement.

Peuple du Burkina

Militantes et militants de l’ADR

Chers camarades

La vigilance étant révolutionnaire, nous estimons par notre sens de l’observation et par la perspicacité de nos analyses que celui qui a aidé Hyacinthe KAFANDO à quitter notre pays (il s’agit d’un bonze du régime de la Transition selon un bimensuel de la place) alors même qu’il se proclame sankariste pourrait en savoir aussi sur cet assassinat de la pire espèce. Bref, même si le procès n’arrive pas à faire jaillir la vérité, il se trouve que beaucoup de faits et gestes de certains individus impliqués permettent de le savoir. Dans tous les cas, la tenue du procès est un fait historique qu’il faut savoir apprécier à sa juste valeur.

Peuple du Burkina

Militantes et militants de l’ADR

Chers camarades

Il importe que nous rappelions que ce procès doit marquer le point de départ d’une autre façon de faire la politique dans notre pays que nous a enseignée le président SANKARA puisque c’est surtout pour les valeurs qu’il a incarnées que l’homme a acquis une notoriété planétaire.

Il est évident que ses initiatives extraordinaires, ses attitudes en faveur de son peuple, son engagement pour le développement, sa fermeté dans la rigueur de la gouvernance vertueuse, ses prises de position courageuses contre l’exploitation de nos pays par l’impérialisme, son intégrité d’une rare espèce doivent être remis au goût du jour pour sortir le Burkina du gouffre dans lequel il se trouve. Pour cela, il n’est pas possible que des apprentis et des complices de Blaise COMPAORE conduisent la barque. Ne pas accepter cette vérité, c’est cautionner cette interruption de l’élan de changement qualitatif en ce 15 octobre des plus noirs de l’histoire politique en Afrique.

Si beaucoup d’Africains et beaucoup d’autres activistes politiques se battent pour la justice et la vérité pour Thomas SANKARA, c’est parce qu’ils se reconnaissent dans ce que cet homme avait entrepris pour son pays et pour le tiers-monde.

C’est donc dire que les politiciens qui ne s’agitaient que pour la tenue d’un procès n’auront  plus de matière pour leur propagande politique après cet évènement. Or, si ce combat en valait la peine, c’est bien parce l’homme du 4 août avait une ligne de conduite dans la défense des valeurs pour lesquelles il est mort. C’est pourquoi, comme l’ADR le dit toujours, si nous voulons nous développer, nous devons appliquer la politique de SANKARA en exhumant ses projets et en les mettant en œuvre. Sinon, nous risquons de faire autre chose que de chercher à nous développer.

Peuple du Burkina

Militantes et militants de l’ADR

Chers camarades

Nous ne saurons terminer notre message sans nous prononcer sur l’actualité de notre pays. A ce propos, nous dirons que l’accord entre la majorité présidentielle et une certaine opposition sur ce que subit notre peuple sur le plan sécuritaire risque d’embourber davantage notre pays. Car si ça ne va pas, le pacte de non-critique est un danger pour notre peuple. Nous ne sommes donc pas prêts à confondre des intérêts politiciens à des intérêts du peuple au point de nous taire sur ce qui est une dérive. Non, si pendant que les populations appellent à les sécuriser pour leur éviter les déplacements massifs internes, la réponse qui leur est servie est que des initiatives sont prises pour les accueillir dans des espaces aménagés à cet effet,  notre parti ne peut pas se rendre complice d’une telle infamie.

Si pendant que la famine se profile à l’horizon à cause de ce que les terroristes ont pu empêcher que beaucoup d’agriculteurs ne mènent pas leurs activités champêtres, on ne nous parle que d’élections, l’ADR ne peut pas répondre favorablement à une telle insouciance.

C’est pourquoi, n’ayant pas vu la situation sécuritaire s’améliorer, nous ne pouvons pas aller à des élections. Sur ce point, nous encourageons félicitons nos combattants qui laissent fréquemment des vies dans les attaques lâches et barbares perpétrées par ces terroristes sans foi ni loi qui se font des illusions sur l’occupation totale de notre territoire. Dieu et nos Ancêtres veilleront pour que ces lugubres individus échouent dans leur funeste projet!

Chers camarades

Notre foi en l’avenir reste intacte parce que la voie révolutionnaire va nous permettre de triompher avec le peuple. Le complot ourdi par l’impérialisme et ses valets locaux pour mettre fin à notre révolution  nous a permis de comprendre qu’il faut se départir du sentimentalisme pour reprendre notre droit : celui de l’indépendance véritable que SANKARA nous avait fait acquérir sous sa direction éclairée. Et connaissant les armes des ennemis du peuple, nous dresserons désormais une stratégie appropriée.

ADR= Intégrité- Détermination- Victoire

   Pour le Présidium suprême de la révolution

SENI Boucolou, premier membre

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