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Burkina Faso : « Il faut que les déplacés aient des logements acceptables » Abdoulaye Pafadnam, maire de Barsalogho

Le Maire de la commune de Barsalogho, une des localités de la region du Centre Nord frappée par les attaques terroristes se confie au micro de L’InfoH24.info, en lien avec la situation humanitaire. Interview réalisée le 13 Octobre 2021, à Ouagadougou.

L‘InFoH24.Info: Quel est l’état actuel de la commune de Barsalogho?

Abdoulaye Pafadnam : Du point de vu fonctionnement, la commune va assez mal, au point de vue sécuritaire, on ne peut pas dire que ça va. Dans tous les cas, la commune ne se porte pas très bien. Les informations alertes de la présence des groupes armés non identifiés. Par ailleurs le conseil municipal de la commune fonctionne à minima. Pour des raisons que nous ignorons pour l’instant, l’autorité avait suspendu le fonctionnement du conseil municipal, le vote de son budget. C’est une des questions politico-administrative. Pour le moment, le conseil municipal n’arrive pas à venir à l’aide aux citoyens.

En quoi consiste vos bésoins réels?

Nos besoins sont variés. Mais ce qui nous préoccupe tant , c’est le sort des personnes déplacées internes et des populations hôtes, puisque tout le monde est sous assistance à présent. De plus en plus, les prises en charges s’amenuisent en dehors du coté santé, logement, abris, ce n’est pas évident. Actuellement, nous prenons des dispositions pour des abris plus performants pour éviter dans les années à venir d’en fabriquer encore. Il faut aller vers des abris durables, nous sommes sûrs que ce ne sera pas pour 2 mois ou six mois. Il faut que les déplacés aient des logements acceptables.

Au-delà de ça, il y a la rentrée scolaire, avec son lot de défis, il faut avoir des classes suffisantes pour tout le monde, nous sommes obligés pour l’instant de louer des salles; il y a manque de classes et d’enseignant et de cantines scolaires.

On a parlé des allégations des viols de femmes dans le camp de Barsalogho, après les investigations ou en êtes-vous?

Barsalogho n’a pas seulement, un seul camp, il y a 8 sites de déplacés internes, dans ce cas. A Barsalogho et dans les autres zones où il y a des sites, ce sont des choses qui arrivent, des viols on entend parler, des violences on entend parler. Il faut se dire que c’est une question très complexe et très sensible, d’autant plus que les victimes n’acceptent pas dire, à moins que cela se passe dans le camp, là où le mari et les frères en parlent, sinon quand c’est des hommes armés non identifiés (HANI), c’est complexe; surtout, dans la mesure ou ces femmes se rendent dans des forêts pour chercher du bois, des feuilles, souvent, elles sont violentées, battues et violées. Mais quand, elles reviennent, elles n’osent pas le dire, il y a trop de risque. On a entend parler que des femmes ont été abandonnées par leurs maris, parce qu’elles ont été violées par des hommes armés non identifiés (HANI). Mais, c’est très difficile, il faut une approche très souple pour les amener à parler, peut-être celles qui sont souvent blessées, quand on les réfèrent au CMA ( centre médical), les médecins à travers des questions, elles confient avoir été violées. C’est une réalité de terrain qui nous dépasse.

Quels sont vos défis actuels ?

C’est demander aux partenaires de travailler dans le sens des besoins des communes, nous demandons aux partenaires de nous accompagner. Nous demander à l’Etat de faire en sorte que nous, entités pouvions accompagnons nos communautés.

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