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Financement de l’économie nationale post COVID-19 : La BCEAO et les banques se parlent

La direction nationale de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et l’Association professionnelle des banques et établissement financiers du Burkina (APBEF) ont tenu leur traditionnelle rencontre de concertation, le jeudi 14 octobre 2021, à Ouagadougou.

La Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), dans sa mission d’accompagnement et d’encadrement du secteur bancaire, veut être en permanence à l’écoute des banques commerciales. Dans cette dynamique, après deux ans de pause pour raison de COVID-19, le directeur national de la BCEAO, Charles Luango Ki-Zerbo et les directeurs généraux des établissements de crédits ont renoué avec leur traditionnelle rencontre physique de concertation, le jeudi 14 octobre 2021, à Ouagadougou, au siège de la représentation nationale de la BCEAO.

A l’issue de la rencontre, le directeur M. Ki-Zerbo et le président de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers du Burkina (APBEF), Diakarya Ouattara ont fait le point de leurs échanges à la presse. La situation macroéconomique internationale, régionale et nationale, le financement de l’économie nationale, les contraintes auxquelles le secteur bancaire fait face, les mesures d’accompagnement de la banque centrale aux banques commerciales, la relance de l’économie, le défi sécuritaire étaient, entre autres, les sujets abordés par les deux parties.

« Le constat que nous faisons aujourd’hui est que l’activité économique reprend aussi bien dans le monde que dans la zone UEMOA et au Burkina Faso qui a bénéficié d’une tendance favorable des activités extractives, en particulier celui de l’or qui est autour de 1800 dollars l’once alors qu’il était à 1200 dollars l’once, il y a deux ou trois ans », a souligné le directeur national de la BCECAO. A cette bonne nouvelle favorable à l’activité économique, à la mobilisation des recettes fiscales, à l’entrée des devises, s’ajoute la reprise du secteur du commerce qui était fortement impacté par la crise sanitaire du fait de la fermeture des marchés, de la réduction des transports, a poursuivi Charles Luango Ki-Zerbo.

« Les banques se portent bien »

Le secteur touristique pourrait également reprendre des couleurs au regard de certains éléments à l’international. Avec ces tendances, la zone UEMOA pourrait retrouver son taux de croissance avant COVID-19 dès cette année ou à partir de l’année prochaine, a-t-il indiqué. « Avec la crise, il y a des besoins structurels, des changements qu’il faut intégrer pour que notre économie soit non seulement plus résiliente mais plus performante. Cela passe par un financement plus important des PME/PMI, de la transformation de l’agriculture.

Ce sont des réformes en profondeur qui pourraient être portées par le PNDES II », a fait savoir M. Ki-Zderbo. En tous les cas, la banque centrale va continuer à financer l’économie

Selon le président de l’APBEF, l’une des principales contraintes à laquelle les banques font face aujourd’hui reste le défi sécuritaire qui ne permet pas au secteur de se déployer sur l’ensemble du territoire national.

nationale malgré les craintes liées à l’inflation. Avec la COVID-19, la BCEAO a continué à injecter des liquidités dans les banques commerciales en cassant ses plafonds habituels pour permettre à ces dernières de poursuivre leur mission de financement de l’économie nationale tout en les rassurant que tous leurs besoins de financements accompagnés de supports de refinancement seront honorés par la banque centrale.

« C’est un élément de garantie qui indique qu’il n’y aura pas un blocage en matière d’accès à la liquidité. Nous avons également revu notre taux directeur à la baisse qui est passé de 2,5% à 2% », a-t-il ajouté. Dans le but de faciliter la mobilisation des ressources par les Etats, des mesures incitatives ont été prises par la banque centrale en matière d’émissions de bons de trésor.

A l’endroit des entreprises, la BCEAO a mis en place un programme de report de crédit, a soutenu Charles Luango Ki-Zerbo. Selon le président de l’APBEF, la rencontre a permis de faire le point de la situation bancaire. « A ce niveau, nous constatons que les 19 établissements de crédit se portent bien.

Les mesures d’atténuations prises depuis 2020 aussi bien par la banque centrale que par les Etats et qui sont toujours maintenues, ont permis d’avoir un effet significatif sur le financement de l’économie.Nous avons souhaité que ces mesures soient prolongées afin que nous puissions continuer à soutenir notre économie, notamment le secteur public et privé », a confié Diakarya Ouattara.

L’insécurité, un défi majeur

Mais la principale contrainte à laquelle les banques font face aujourd’hui reste le défi sécuritaire qui ne permet pas au secteur de se déployer sur l’ensemble du territoire. Sans oublier la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme qui jouent sur les mouvements financiers avec l’extérieur, a-t-il souligné.

Faisant la situation de la contribution du secteur bancaire à l’économie nationale, M. Ouattara a fait savoir que l’ensemble des banques burkinabè ont terminé le premier semestre 2021 avec un encours de 5 137 milliards F CFA au titre de la collecte des ressources sur la clientèle. Pour ce qui est du financement de la clientèle au 30 juin 2021, les établissements de crédits avaient un encours consolidé de 3 400 milliards F CFA.

Au-delà du financement de la clientèle, les banques ont également financé les Etats de l’Union à plus de 2 000 milliards F CFA au cours de la même période, a poursuivi M. Ouattara. Répondant aux questions des journalistes sur le faible taux de bancarisation, Charles Luango Ki-Zerbo a laissé entendre que la banque centrale travaille à améliorer les indicateurs à travers l’accompagnement de la mise en œuvre de la stratégie régionale et nationale de la finance inclusive.

Le secteur bancaire est également dans cette dynamique en multipliant le nombre de guichets de banques, avec aujourd’hui 675 guichets automatiques sur l’ensemble du territoire national sans oublier l’ouverture de nouvelles banques. Sur la question du nouveau décret portant instauration d’un agrément à la délivrance de caution aux soumissionnaires des marchés publics pris par le gouvernement burkinabè, M. Ouattara a indiqué ne pas vouloir « aller en profondeur » car le sujet sera sur la table de discussion avec le ministère en charge des finances.

Si l’esprit du décret peut se comprendre, il n’en demeure pas qu’il pourrait être source de difficultés pour le secteur bancaire, a-t-il fait savoir. S’agissant de l’accès des PME aux financements, il est un sujet important pour les banques qui disposent toutes des guichets à cette catégorie d’entreprises. La BCEAO a également mis en place un mécanisme de refinancement des banques commerciales.

Les contraintes résident souvent au niveau de l’absence d’états financiers, à la gouvernance, etc. « C’est une question importante sur laquelle nous travaillons. Car, nous ne pouvons pas développer l’économie nationale sans des PME productives, accédant aux financements », a conclu le directeur national de la BCEAO.

Mahamadi SEBOGO

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