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Martial Rigobert Tiendrébeogo président de Burkinbii-solidarité et partage : « Notre association … s’est proposée de soutenir les orphelins des FDS »

L’Association « Burkinbii-solidarité et partage » veut apporter sa touche dans la lutte contre le terrorisme au Burkina Faso. A travers cet entretien, le Président de l’association, Martial Rigobert Tiendrébeogo revient sur la démarche de sa structure en vue d’accompagner les orphelins des victimes de l’hydre terroriste.

Sidwaya (S) : Quel est l’objectif visé par votre association ? Martial Rigobert

Tiendrébéogo (M.R.T.) : Le nom de l’Association « Burkinbii-solidarité et partage » en dit long. Nous avons choisi Burkinbii pour rappeler le caractère intègre des Burkinabè. La « solidarité » et le « partage » sont une invite à nos valeurs communes anciennes qui prônaient la solidarité et le partage dans la communauté. Nous voulons que ceux qui en ont assez, pensent à leurs proches qui n’en ont pas de telle sorte que la paix et la cohésion règnent dans la société.

Nous avons choisi d’intervenir dans le domaine de l’éducation, car nous sommes partis du constat de la recrudescence de l’incivisme dans le pays. Ce phénomène entraîne beaucoup de conséquences dans le développement dans notre pays. Nous avons pensé que pour véritablement travailler à ce que cet incivisme disparaisse, il nous faut retourner à la base, à savoir l’éducation de nos enfants. C’est pourquoi notre association a choisi l’éducation pour amener nos enfants à réadapter nos valeurs communes de solidarité d’enseignement qui prônent le respect des uns et des autres et du bien d’autrui.

S : Pourquoi votre association a opté de venir en aide aux familles des victimes du terrorisme ?

M.R.T. : Notre association en partenariat avec l’International des parents d’élèves (IPE) s’est proposée de lancer une mobilisation citoyenne pour soutenir les orphelins des Forces de défense et de sécurité (FDS) et partant, des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) tombés dans la lutte contre le terrorisme. Cette démarche est une réponse à l’appel du chef de l’Etat, relayé récemment par le président de l’Assemblée nationale à l’occasion de la rencontre de la jeunesse de notre pays.

Nous voulons d’une pierre, deux coups. Nous allons d’une part, soutenir l’action déjà engagée dans le cadre de la lutte contre le terrorisme par nos autorités et d’autre part amener la population à être acteur du succès de cette lutte contre le terrorisme, car nous sommes persuadés que nous allons la gagner. Nous voulons que ce soit une victoire du peuple. Voilà pourquoi, nous voulons lancer cette mobilisation citoyenne autour de nos FDS à travers les orphelins que les défunts ont laissés pour que demain, lorsque nous aurons cette victoire, chacun puisse se dire qu’il a été acteur et voilà sa contribution.

S : Comment cette mobilisation va se faire de façon concrète sur le terrain ?

M.R.T. : Nous avons initié des fiches d’adhésion que nous allons rendre disponible bientôt et nous comptons sur vos organes et d’autres canaux pour les mettre à la disposition de la population et de tous ceux qui voudront nous accompagner. Cette fiche donne assez d’informations. Elle nous renseigne sur les raisons de notre démarche, comment se fera l’accompagnement des orphelins et à travers quel canal.

La fiche indique aussi le mécanisme de transparence et de suivi pour une clarté dans cette activité. Ce sera des fiches d’engagement, de souscription et des contrats que nous allons établir aussi bien avec les parrains que les associations qui vont recevoir ces dons pour les mettre à la disposition des orphelins.

S : Des structures interviennent déjà dans l’accompagnement des parents des victimes des attaques terroristes. Qu’est-ce qui vous distingue de ces structures ?

M.R.T. : Nous saluons ces associations qui se sont déjà engagées pour venir en appui aux orphelins de ceux qui ont donné leur vie pour nous. Ce qui nous distingue des autres réside dans la mobilisation citoyenne. Nous voulons que tous ceux qui vont nous accompagner soient comme un père qui va suppléer le défunt. Nous ne disons pas qu’il prendra sa place, mais se présentera comme un père pour l’orphelin ou une mère de plus. Il ne s’agira pas simplement d’apporter une contribution, mais de faire savoir à cet orphelin que le peuple burkinabè est à ses côtés.

Chaque parrain pourrait accompagner son filleul dans sa scolarité et lui assurer une couverture santé. Pour les fêtes de Noël, de Pâques, de Tabaski, de Ramadan ou à l’anniversaire, le parrain pourra par exemple faire un petit cadeau en fonction de la confession religieuse de l’enfant. En plus, plusieurs organes de presse avec lesquels nous avons échangé sont disposés à accompagner notre initiative. Avec ce soutien, nous avons décidé d’aller au-delà. Pourquoi ne pas mobiliser les populations pour construire une infrastructure sanitaire, un hôpital militaire dédié aux FDS blessés au front ?

L’Etat s’est engagé avec un délai long, mais si chacun de nous s’engage, en un temps record, les 20 millions de Burkinabè peuvent se mobiliser pour construire ces hôpitaux. Et nous croyons que les FDS le méritent bien. Une de nos membres a aussi eu une idée lumineuse. Elle a été à l’enterrement de son neveu tombé avec une dizaine d’autres militaires récemment. Arrivée au cimetière, elle était désolée de trouver les tombes des FDS morts au front traitées de manière différente.

Ceux qui ont les moyens aménagent les tombes de leurs défunts et celles des familles moins nanties ne sont pas aménagées. Elle a suggéré que notre association veille à ce que ces tombes soient aussi entretenues. Cela se fait ailleurs dans d’autres contrées. Nous allons approcher les entreprises qui sont dans le secteur du Bâtiment et des travaux publics (BTP) et celles qui sont dans les agrégats pour solliciter leurs contributions. Ces apports seront mis à la disposition de la commune de Ouagadougou et nous travaillerons avec elle et l’Etat-major général des Armées pour l’aménagement des tombes.

S : Quelles sont les structures impliquées dans votre initiative ?

M.R.T. : Nous avons approché les ministères qui sont au-dessus des structures des FDS, la Gendarmerie, l’état-major général des armées, la Police nationale, le ministère en charge de la solidarité nationale. Nous avons un écho favorable. Nous avons aussi eu un entretien avec l’association des veuves des policiers tombés au front qui ont montré leur enthousiasme.

Nous allons travailler à renforcer ce partenariat pour les mettre en contact avec les parrains que nous avons déjà mobilisés pour les accompagner. Nous allons commencer, avec cette association par l’ouverture à d’autres veuves et orphelins des corps militaires. Nous sommes avec l’IPE, une faitière mondiale des parents d’élèves en vue d’impliquer les enfants dans cette activité pour qu’ils sachent que le pays est en danger et qu’ils doivent pouvoir accompagner la défense de leur patrie.

Nous attendons le retour de la correspondance du ministère en charge de la solidarité nationale afin que, ce que nous faisons soit suivi. Notre objectif est que les enfants des FDS tombés aient un parrain qui s’occupe de sa scolarité, un autre qui s’occupe de sa sécurité sanitaire et un troisième qui prend en charge ses fournitures scolaires.

Il y a au Burkina des hommes et des femmes capables de relever ce défi, c’est le déclic qui manque. Lors d’une émission télé à laquelle nous avons été invités, nous avons apprécié la qualité des interventions des téléspectateurs. Un citoyen a appelé de Tougan et a cherché à savoir dans quelle mesure il pourra apporter sa petite contribution de 10 000 F CFA. Nous sommes persuadés qu’avec votre concours, nous allons toucher d’autres personnes et nous aurons cette solidarité autour des FDS.

S : Comment la répartition des parrains se fera de sorte que des orphelins ne soient pas lésés ?

M.R.T. :La mobilisation seule ne suffit pas, il faut bien gérer et nous en sommes conscients. Il faut une équité dans la gestion. Voilà pourquoi, nous comptons travailler de manière étroite avec les organisations faitières qui regroupent les orphelins et les veuves. Nous avons arrêté un mécanisme qui est l’ordre chronologique. Les premiers orphelins bénéficieront des appuis en premier en commençant par la scolarité, l’assurance médicale et enfin la prise en charge des fournitures.

L’Etat s’occupe déjà des fournitures, mais nous allons voir au cas par cas. Nous avons muri ces critères avec les associations, mais nous restons ouverts à d’autres suggestions. Nous sommes également ouverts à d’autres ONG et d’autres personnes-ressources qui peuvent nous apporter des informations. Nous lançons un appel à toutes les personnes de soutenir notre initiative, car nous sommes persuadés que si les FDS savent qu’en allant au front, si d’aventure ils laissent leur vie au combat, leur progéniture n’aura pas de problème, ils redoubleront d’ardeur pour défendre la patrie.

Interview réalisée par Abdoulaye BALBONE

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