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Absentéisme des spécialistes dans les centres de référence : « Un problème chronique », selon le ministre de la Santé

Le ministre de la Santé, Pr Charlemagne Ouédraogo, a répondu à quatre questions orales des députés avec débats à l’Assemblée nationale, le vendredi 29 octobre 2021, à Ouagadougou. La séance plénière a été présidée par le vice-président, Nestor Batio Bassière.

Le ministre de la Santé, Pr Charlemagne Ouédraogo, a apporté des éclairages sur des actions de son département à l’Assemblée nationale. En effet, face aux députés, le vendredi 29 octobre 2021, à l’hémicycle à Ouagadougou, il a répondu à quatre questions orales avec débats. La première question, posée par Sougrinoma Poubéré, est liée au recrutement et l’affectation des médecins, l’absentéisme des spécialistes dans les hôpitaux publics, le mécanisme de contrôle de la qualité de la formation et de la conformité des écoles privées de santé au Burkina Faso.

En réponse, le ministre Ouédraogo a indiqué qu’annuellement, son département actualise les besoins en recrutement sur la base de canevas transmis par le ministère en charge de la fonction publique en tenant compte des besoins exprimés. Concernant les spécialistes, il a expliqué qu’un regard est porté sur leur présence dans les centres de référence. Mais, a-t-il soutenu, « l’absentéisme des spécialistes est un problème chronique et aussi vieux avec des niveaux qui varient d’un centre de santé à un autre et d’une région à une autre ».

Il a tout de même rassuré qu’un travail est fait afin qu’ils soient dans leur lieu de travail. A l’en croire, l’un des décrets d’application de la Fonction publique hospitalière fait obligation à chaque agent de santé d’accomplir en moyenne 35 à 40 heures de travail dans la semaine sans le temps de la garde et deux demies journées hebdomadairement dans le privé.

Par rapport aux 45 écoles privées de santé que compte le Burkina, Charlemagne Ouédraogo a confié que son ministère veille à la qualité de la formation et au suivi des activités pédagogiques. Des sorties de contrôle, a-t-il précisé, sont organisées et les « mauvais élèves » sont rappelés à l’ordre avec soit un préavis soit un avertissement ou encore un blâme.

Un plan pour « soigner le visage » des hôpitaux

La deuxième préoccupation, exposée par Lacina Gondé, a porté sur le système de santé dans ses volets infrastructures, équipements et accessibilité à des soins de qualité, notamment dans le « Grand Ouest ». Le ministre de la Santé a reconnu que des évaluations dont une enquête parlementaire sur le système sanitaire a mis en exergue l’insuffisance qualitative et quantitative des infrastructures sanitaires.

Pour pallier cette insuffisance, a-t-il fait savoir, le gouvernement à travers son département a entrepris dans l’ensemble du pays et particulièrement dans l’Ouest, la réalisation de centres hospitaliers régionaux universitaires dans le but d’offrir une meilleure accessibilité à des soins de qualité aux populations.

Il est prévu, a-t-il cité, la réalisation du nouveau Centre hospitalier universitaire (CHU) de Bobo-Dioulasso à travers la coopération sino-burkinabè et un centre de thérapie pour le traitement des cancers, la poursuite de la construction du Centre hospitalier régional (CHR) de Dédougou entamée en 2014 à travers une 2e tranche, la construction du CHR universitaire de Gaoua de plus de 300 lits.

D’une part, a-t-il laissé entendre, le projet de construction des Centres médicaux avec antenne chirurgicale (CMA) de Karangasso-Vigué, Léna et Mangodara et d’autre part, la poursuite des chantiers de ceux de Kampti et N’Dorala, permettront d’offrir un meilleur plateau technique aux populations de ces localités.

« En 2022, commenceront les travaux de construction d’un centre spécialisé en gériatrie à Bobo-Dioulasso qui permettra de prendre en charge spécifiquement les problèmes de santé des personnes âgées », a-t-il souligné. En plus de ces réalisations dans l’Ouest, le patron de la Santé a annoncé que de grands projets d’infrastructures sanitaires sont en cours dans le reste du pays. C’est les cas, a-t-il dit, des CMA de Tougouri et Gayéri, du CHR universitaire de Fada N’Gourma, du CHR de Manga, des centres spécialisés de soins en neurochirurgie et en cancérologie, du centre de gériatrie à Ouagadougou.

En outre, à l’écouter, un plan d’urgence de plus de 230 milliards F CFA pour « soigner le visage » des hôpitaux a été élaboré. Pour la disponibilité des équipements biomédicaux, il a relevé que l’approche leasing est envisagée. « Ce mécanisme a montré ses avantages dans le domaine de l’hématologie et de l’hémodialyse. Cela permet de réduire significativement la fréquence des pannes, d’intrants et d’améliorer du même coup la qualité des soins », a-t-il signifié. Parlant de la qualité des soins, il a confié que la gratuité a permis d’offrir plus de 70 millions de services gratuits aux populations.

Des députés reviennent à la charge

La troisième question émanant du député, Arsène Bognessan Yé, a été relative à l’état de mise en œuvre de la politique de transformation des CSPS des chefs-lieux de commune rurale en Centres médicaux (CM). Selon le ministre Ouédraogo, le projet d’un coup de plus de 37 milliards F CFA a permis d’avoir 41 CSPS transformés et fonctionnels, 4 CM achevés en attente d’équipement, 19 CSPS dont les travaux de transformation sont en souffrance.

A l’en croire, un autre projet de transformation des CSPS est en cours d’élaboration. La dernière préoccupation soumise à Charlemagne Ouédraogo est de Félicité Ouédraogo qui a voulu savoir les différentes étapes de programmation du projet de construction du nouveau CHU de Bobo-Dioulasso et ses sources de financement. Aux dires du patron de la Santé, une équipe de l’entreprise chinoise en charge des travaux est en séjour au Burkina pour une évaluation des conditions de travail.

« Cette évaluation permettra de disposer d’un chronogramme d’exécution des travaux », a-t-il répondu. Il a rappelé que cet hôpital est un don de la Chine avec des engagements incombant à la partie nationale portant sur la réalisation des voies d’accès au site et sa sécurisation.

Après les réponses à ces questions, les élus nationaux sont revenus à la charge en soulevant d’autres préoccupations liées à la dotation des communes en ambulance, l’insuffisance des ressources humaines, le dysfonctionnement des équipements biomédicaux, la non ouverture de certains nouveaux CSPS, l’absorption des médecins formés, l’impact de l’insécurité sur le système sanitaire, etc. Charlemagne Ouédraogo a encore apporté des réponses à ces interrogations en promettant d’autres détails à travers une documentation à mettre à la disposition de la Représentation nationale.

Timothée SOME

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