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Secteur du textile : « Notre objectif est d’ouvrir le Faso dan fani au monde », Adama Barro, coordonnateur de l’Expo Yeelba

L’Expo Yeelba s’ouvre ce jeudi 4 novembre 2021, à Ouagadougou. Dans cette interview, le coordonnateur, Adama Barro, parle des enjeux de cette exposition et de l’intérêt de valoriser la cotonnade burkinabè

Sidwaya ( S) : A quelques heures de l’ouverture de l’Expo Yeelba, à quelle étape des préparatifs en êtes-vous ?

Adama Barro (A.B.) : Nous venons de finir une réunion du comité où nous avons revisité l’ensemble des commissions en ce qui concerne les tâches qui leur ont été attribuées et je crois pouvoir dire que nous sommes fin prêts pour démarrer la manifestation.

S : La présente édition est placée sous le thème : « Filière coton-textile, problématiques, expériences et perspectives pour le Faso dan fani ». Pourquoi le choix d’un tel thème ?

A.B. : Le choix d’un tel thème, nous semble évident dans la mesure où le Faso dan fani est un patrimoine national. Il faut le dire, le coton était travaillé depuis la nuit des temps par nos ancêtres. Des hommes l’ont cultivé, d’autre l’ont produit, les femmes l’ont tissé et l’ont confectionné. Donc, c’est tout un pan de notre histoire qui ressort dans cette thématique. Nous avons voulu le placer au centre de la vision de l’association Yeelba qui est de promouvoir le Faso dan fani et tous les produits qui en sont dérivés, en choisissant l’Italie comme porte d’entrée sur l’Europe et le reste du monde. L’Italie étant la capitale de la mode, le pays des petites et moyennes entreprises, le pays dont nous pouvons tirer davantage d’expériences. Voilà ce qui a justifié le choix du thème en se disant que le Faso dan fani se doit d’être valorisé, amélioré dans sa qualité de production et adopté par l’ensemble des stylistes du monde. Et, nous devons améliorer la qualité de la production. C’est-à-dire, vendre plus de produits finis que notre coton qui est vendu à 98% en coton fibre alors que nous avons la possibilité de le transformer et arrêter d’importer du textile pour des milliards F CFA chaque année. Ce qui n’est pas véritablement profitable pour notre économie ni pour notre peuple qui travaille durement chaque année pour produire cette matière qui est le coton.

S : Le Faso dan fani étant un pagne burkinabè et africain, la logique aurait voulu qu’un pays africain soit le pays invité d’honneur. Qu’est-ce qui a justifié le choix de l’Italie ?

A.B. : L’idée de valoriser le Faso dan fani est venue d’une de nos compatriotes qui réside en Italie. Le fait que l’Italie soit le pays de la confection, nous a fortement inspiré de choisir ce pays comme porte d’entrée dans le monde de la mode. Il y a beaucoup d’écoles de mode dans ce pays qui travaillent sur différents textiles. Et il y a deux ans, une de ses académies de mode, ’’La maison Mayani’’ a produit des tenues en Faso dan fani. Et la nuit du coton que nous avons organisée en 2019 a eu un très grand succès et cette école de mode est là cette année encore à Ouagadougou avec des créations en Faso dan fani. Nous avons tout avantage à collaborer avec ce pays pour profiter de ces expériences tant en termes de confection, d’organisation de l’économie du secteur du textile et pour beaucoup d’autres avantages.

S : Combien de participants sont attendus pour cette édition ?

A.B. : Pour cette édition, du côté des Italiens, nous attendons un certain nombre de personnes. Mais, il faut dire que la question de la COVID/19 ne nous a pas beaucoup aidés. Il y a aussi la question de l’insécurité qui n’a pas joué en notre faveur. Car plusieurs entreprises avaient souhaité venir, mais ces deux facteurs les ont rendues hésitantes. Mais qu’à cela ne tienne, nous aurons une participation en virtuelle donc, un dispositif sera mis en place pour que ceux du Burkina ou d’ailleurs qui ne pourront pas être avec nous à la salle de conférence de Ouaga 2000, puissent suivre les travaux. Donc un lien sera rendu public pour que les gens puissent se connecter et profiter de tout ce qui sera dit en vue de promouvoir le Faso dan fani.

S : Le Burkina Faso regorge de nombreuses initiatives visant à promouvoir le Faso dan fani. Qu’est-ce qui fait la particularité de l’Expo-Yeelba ?

A.B. : Comme je l’ai expliqué plus haut, notre vision, c’est la promotion du Faso dan fani à l’international avec l’Italie comme porte d’entrée dans le reste du monde. C’est vrai qu’il y a de nombreuses associations et de structures qui organisent ces genres d’événements mais notre objectif est d’ouvrir le Faso dan fani au monde via l’Italie. C’est cette ouverture vers le reste du monde pour que le Faso dan fani soit vendu à travers le monde entier qui fait la particularité de l’évènement. Nous avons déjà pas mal de personnes qui nous ont contactés et qui sont intéressées par cette cotonnade et cela nous encourage énormément à poursuivre dans ce sens.

S : Nous sommes en période de pandémie, quelles sont les dispositions prises par le comité d’organisation pour éviter la propagation de la maladie ?

A.B. : Ce sont les mesures préconisées par le ministère de la Santé à savoir les mesures-barrières, la protection à travers le port du masque, le lavage des mains, l’utilisation du gel hydroalcoolique… Et nous allons prendre toutes ces mesures pour que cette manifestation ne soit pas une occasion de propagation de la maladie à Coronavirus. Nous avons marqué sur les cartes d’invitation que le port du masque est obligatoire et à chaque fois que nous allons parler de l’Expo Yeelba, nous allons rappeler ces mesures à tous ceux qui sont intéressés par la manifestation.

S : Est-ce à dire que tout va bien et que vous ne rencontrez pas de difficultés dans l’organisation.

A.B. : Bien sûr qu’il y a des difficultés et la grande difficulté, c’est la question financière parce qu’une telle manifestation, c’est beaucoup d’argent. Il faut que des gens viennent d’ailleurs. Il faut les héberger, louer la salle, construire des stands, nourrir les invités… et tout cela demande beaucoup de fonds. Mais par la grâce de Dieu, le Chef de l’Etat a accepté que la manifestation soit placée sous son très haut patronage avec deux coparrains qui sont le ministre des Affaires étrangères, Alpha Barry et le président du groupe CORIS, Idrissa Nassa. Nous avons un certain nombre d’entreprises, de banques qui nous soutiennent également. Malgré tout cela, nous peinons à boucler le budget, mais nous allons faire avec les moyens de bord. Et nous espérons qu’à la fin de l’Expo Yeelba, nous serons satisfaits ainsi que les acteurs et actrices du secteur du coton.

S : Est-ce qu’il y a d’autres activités qui sont prévues au cours de ces quatre jours en dehors de l’exposition ?

A.B : Le programme est bien étoffé, car après la cérémonie d’ouverture, il y aura des communications sur différentes thématiques, notamment sur l’histoire de la cotonnade. Et sur ce sujet, nous avons Moïse Ouédraogo qui est un expert en textile et qui fait un travail remarquable sur le Faso dan fani. Mais en toute discrétion, il nous donnera une communication sur le sujet. Nous aurons, le dimanche 7 novembre 2021, une visite à Sourgou, un village de la commune de Ziniaré, mais une localité pleine d’histoires sur la cotonnade. Nous aurons également des témoignages sur la cotonnade avec François 1er et un couple franco-américain et aussi avec la partie italienne. Et au cours de la grande soirée dénommée « Nuit de la quenouille », nous aurons des créateurs qui vont venir exposer leur création à base de Faso dan fani.

Interview réalisée par

Donald NIKIEMA

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