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Drame d’Inata et marche du 27 novembre 2021 : «Roch a-t-il réellement compris ? » Issaka Lingani, journaliste

A travers cette tribune libre, le journaliste Issaka Lingani donne son point de vue sur le drame D’inata et la marche du 27 novembre. Lisez son analyse.

Après la manifestation du 27 novembre 2021 organisée par des OSC au nombre desquelles le « Mouvement Sauvons le Burkina », pour exiger la démission du Président Roch Marc Christian Kaboré, qu’il estime être un « échec », le pouvoir est au « tout répression » recherchant et embastillant à tour de bras les organisateurs de la marche, qui, il faut le dire n’a pas amassé grande foule. Mais entre faible mobilisation et échec du mouvement il y a un pas qu’il ne faut pas franchir et que le pouvoir franchit allègrement, au point de vouloir se venger de ceux qui lui ont fait passer des moments sombres. Une lecture primaire et très erronée de la situation qui le conduira droit dans le mur, aussi évident que 2 plus 2 font !

Et puis si le président est sûr d’avoir compris et trouvé les bonnes réponses à la colère de son peuple, pourquoi enfermer ceux qui ont exprimé cette colère ?

Autopsie d’une méprise monumentale qui ouvre une période d’incertitudes dont l’issue ne pourra être qu’une impasse pour le pouvoir.

Assurément le Président Roch Marc Christian Kaboré ne sait plus où donner de la tête ! Entre son discours de « J’AI COMPRIS VOTRE COLERE » et les propos bellicistes irresponsables de ses soutiens ou la répression barbare et inique que son gouvernement abat sur les organisateurs de la marche du 27 novembre, c’est comme le jour et la nuit avec ce sentiment qu’il n’a rien compris du tout et qu’on est plus que jamais dans le « mouta mouta » qui nous a conduit au fond du gouffre.  

La méprise du pouvoir dans l’analyse de la situation nationale tient essentiellement à trois faits majeurs avec en bout de course une conséquence inévitable : d’abord il néglige le poids et l’efficacité de son propre travail pour saboter la manifestation ; ensuite il surestime sa capacité à reproduire le même schéma à tous les coups et troisièmement et c’est le plus grave, il n’a pas réellement pris, comme il le prétend, la mesure de la colère du peuple qui a rué dans les brancards partout même dans les « no man land » instaurés par les terroristes.

La conséquence logique et fatale de tout cela, c’est qu’en usant de tant de moyens, de violence et de mépris pour empêcher les civils de marcher dans les rues il va obliger les militaires à marcher sur lui ! En effet, si malgré tout le colossal travail que son régime a fait pour perturber, voire empêcher la marche, le Président Kaboré s’étonne de n’avoir pas été obligé de démissionner, c’est que son véritable ennemi est au cœur de son pouvoir et finira tôt ou tard par l’avoir !

Sans pour autant nous livrer à un inventaire d’apothicaire, nous avons identifié pas moins d’une vingtaine de mesures et d’actions mises en œuvre par le pouvoir pour soit décourager la participation des populations à la marche, soit pour mettre les organisateurs dans l’incapacité de dérouler leurs stratégies de mobilisation.

Parfois spectaculaires et grossières, comme la coupure de tous les réseaux mobiles sur toute l’étendue du territoire national, la traque et les arrestations abusives de leaders de la société civile ou la fermeture des écoles, parfois perfides et déloyales comme les interventions des leaders religieux et coutumiers, la vente inopinée et à grand renfort de publicité des vivres à prix sociaux de la SONAGESS ou le blackout des médias traditionnels sur la communication des « marcheurs », parfois de bonne foi comme cette intervention tard dans la nuit du 25 novembre du Président du Faso annonçant une batterie de mesures fortes qu’il s’engage à mettre en œuvre, elles ont été d’une redoutable efficacité, même si elles ne sont pas parvenu à étouffer la colère du peuple. Passons quelques-unes d’elles en revue :

1/ LA MISE A CONTRIBUTION DU « CLUB DU CARDINAL ». Je nomme ainsi l’aéropage de leaders religieux et de chefs coutumiers dits d’envergure nationale qui se met en branle chaque fois que le climat social connait une surchauffe. Ce club très fermé n’intervient, et cela à tous les coups, que pour tenter de sauver la mise au pouvoir. Jamais, au grand jamais, on ne les a vu ou entendu lorsque c’était les populations, la société civile ou l’opposition qui étaient en difficultés. Même le drame d’Inata ne les a ébranlés que lorsque son onde de choc a fait vaciller le fauteuil présidentiel.

Le « Club du Cardinal » était donc de sortie, sous la houlette de son mentor, le Cardinal Philippe Ouédraogo, avec comme à son habitude un discours prétendument d’apaisement alors qu’il ne vise qu’à endormir le peuple, à inhiber sa volonté légitime de demander des comptes et à présenter les contradicteurs du pouvoir comme des fauteurs de troubles et des extrémistes qui ne mesuraient pas la profondeur de la crise.

Le Cardinal Philippe Ouédraogo a grand intérêt à revoir sa copie, car le disque est visiblement sérieusement rayé. Il doit d’autant plus la revoir, que des membres de l’aéropage commencent à se sentir bien ridicules dans son manège, débordés qu’ils sont eux-mêmes par leurs propres bases. C’est le cas notamment des musulmans dont deux grands imams ont fait des prêches enflammés ce vendredi, l’un pour fustiger les négligences inacceptables et la mal gouvernance endémique qui ont favorisé le drame d’Inata et l’autre pour dire aux gouvernants qu’ils répondront devant Dieu de toutes les vies qui sont sous leurs responsabilités. Par ailleurs son échec tonitruant à entuber le Cfop réuni au grand complet qui l’a vertement remis à sa place et le pied de nez que vient de lui faire le président lui-même en annulant la rencontre retour qu’il devait avoir avec le groupe devrait le renseigner sur la fin du cirque.

2/ DES ARRESTATIONS PREVENTIVES ABUSIVES. Outre le leader à la fois politique et de la société civile, Adama Tiendrébéogo alias Colonel, qui a été interpelé pratiquement une semaine avant, garder à vue jusqu’à la limite des délais autorisés, avant d’être conduit à la MACO, le pouvoir Mpp a procédé à de nombreuses arrestations de jeunes dans les quartiers la veille de la manifestation. Ces mesures arbitraires et illégales ont dissuadé nombre de leaders et de mobilisateurs à s’associer à la manifestation, obligé certains à la retenue et poussé d’autres carrément à la clandestinité. Dans un tel contexte de psychose, de nombreux militants n’ont tout naturellement pas voulu prendre le risque de l’arrestation et n’ont pas bougé le plus petit doigt.

3/ LA COUPURE DU RESEAU MOBILE. Jamais une telle mesure n’a été prise dans notre pays. Assurément une des plus impopulaires qu’on puisse prendre par ces temps, tant les réseaux sociaux sont devenus indispensables à la vie de tous les jours. Une première fois prise à l’improviste pour ensuite être légalisée, la mesure a été reconduite pour 96 autres heures encore pour couvrir le jour de la marche. C’est la preuve manifeste que le pouvoir avait bel et bien pris la pleine mesure de la menace et faisait tout ce qu’il lui semblait nécessaire pour la réduire à sa plus simple expression à défaut de pouvoir l’empêcher.

4/ L’INTERDICTION DES MANIFESTATIONS ET LES REQUISITIONS DES FORCES DE L’ORDRE. Pour montrer sa détermination à s’opposer par tous les moyens, même les plus illégaux, à la manifestation, l’administration a tout simplement refusé de recevoir la demande d’autorisation des responsables de la manifestation. Le maire a même largement outrepassé ses pouvoirs en réquisitionnant la Gendarmerie et le Police Nationale dès le 24 novembre avec pour consignes d’empêcher toute manifestation sur la voie publique. Du coup le caractère « illégal » de la manifestation sera invoqué partout pour justifier toutes sortes d’abus et de violations des droits des manifestants.

5/ LE BAL DES ASSOCIATIONS ET ORGANISATIONS PROCHES OU FAVORABLES AU POUVOIR DANS TOUS LES MEDIAS. Alors qu’elles ne sont nullement concernées par l’activité, on a vu de nombreuses associations se fendre dans des communiqués, interviews et déclarations contre la manifestation, allant jusqu’à des injures et des propos et insinuations diffamatoires. Une inspection sommaire permet de se rendre à l’évidence que ces organisations sont pour la plupart d’entre elles structurellement liées au parti au pouvoir tandis que celles qui ne le sont pas ont offert d’assurer la sale besogne contre espèces sonnantes et trébuchantes. Même si un grand nombre d’entre elles ne sont que des tonneaux vides qui ne mobilisent pas, elles ont néanmoins un très grand pouvoir de nuisance qui incite au respect de leurs injonctions. En effet il suffit qu’elles vous indexent pour que vous disparaissiez des listes de fournisseurs et de bénéficiaires de services, de faveurs ou de dons.

6/ MOBILISATION DES ASSOCIATIONS. Le parti au pouvoir n’a pas aussi lésiné sur les moyens à mettre en œuvre pour mobiliser et remobiliser ses propres bases associatives. Il faut reconnaitre que dans ce domaine il est très bien loti. La pléthore d’associations qu’il brasse finie par être un problème et à l’occasion il a fallu, semble-t-il, faire fonctionner à fond « la planche à billets » pour réveiller certaines d’entre elles qui ont exigé des prises en charges conséquentes avant de se mettre au boulot. Ces associations ont, malgré le mécontentement populaire et le caractère dévalorisant de leurs missions, réussi à inciter de nombreux acteurs à la neutralité. Elles ont été très utiles et très efficaces sur la maîtrise des marchés et yaars, milieux généralement hostiles au pouvoir et prompts à s’exprimer dans la rue pour exprimer ses sentiments. S’il y a quelqu’un au Mpp qui pourra faire le fier ces jours-ci, c’est bien le député Abdoulaye Mossé qui a en charge ce département.

7/ ACTIONS DES PARTIS POLITIQUES DE LA MAJORITE. La quatre vingtaine de partis politiques de la majorité présidentielle ont été fortement mis à contribution. Non seulement chacun d’eux attendait une telle occurrence où on a besoin de lui pour dire son mot en réclamant davantage de parts du gâteau, mais en plus chacun en a profité pour faire sa propre revue des troupes. Il est vrai qu’on a entendu de nombreux grincements de dents mais on a su préserver l’essentiel, l’argent ayant circulé à flots, et dans « le bon sens ». Les médias parlent de 134 millions de FCFA décaissés pour eux par le pouvoir. On a donc fait le travail ! Bien entendu, le Mpp n’est pas compris dans le lot.

8/ MOBILISATION DES ACTIVISTES DU PARTI. Même si ceux-ci étaient très remontés contre la direction du parti, les activistes du parti ont joué pleinement leurs partitions. Il a bien entendu fallu mettre beaucoup d’argent dans la balance pour la ré-motivation et la motivation. Ils ont eu pour cibles principalement le CDP et l’ancien régime qu’ils étaient chargés d’indexer comme les organisateurs réels de la marche avec pour seul leitmotiv de se venger.

 Même de grands noms, dont certains sont aujourd’hui en disgrâce et de célèbres éditorialistes ont brouté de cette herbe fétide pour tenter de se remettre en selle ou beurrer leurs épinards. Un discours haineux et nauséeux totalement en déphasage avec le vent de réconciliation et d’unité nationale qui souffle dans le pays. Mais ce discours prend aisément avec la peur du lendemain et l’absence d’espoir qui touchent l’immense majorité des populations, surtout que l’opposition ne paie pas de mine avec un chef qui peine à asseoir son leadership même dans son propre parti.

Ces activistes se sont aussi acharnés sur la société civile et les analystes dont les propos et les commentaires mettaient le pouvoir en face de son échec et l’invitaient à en tirer toutes les conséquences.

Si le président Kaboré ne se débarrasse pas de ces opportunistes et situationnistes qui n’ont pour ambition que leur seule et unique promotion il volera de sursis en sursis jusqu’à la condamnation fatale ; laquelle ne saurait d’ailleurs tarder tant la colère et le désespoir des populations sont à leur paroxysme.

9/ LA MOBILISATION DES ACTIVISTES PANAFRICANISTES. Une aile des « professionnels du panafricanisme », ces grands chantres de la lutte contre l’impérialisme et pour de la libération du peuple noir a été fortement mise à contribution pour faire croire que la France était derrière la fronde contre le président Kaboré. Selon cette théorie fumeuse la France voulait perpétrer un putsch contre Kaboré qu’elle accusait de refuser de signer le renouvellement d’accords secrets qui lui permettraient d’avoir la main mise sur les richesses du Burkina. L’épisode de la traversée du territoire par l’armée française a apporté de l’eau au moulin de cette propagande dont le seul but on l’aura vite compris était de présenter le président Kaboré comme un nationaliste voire un patriote qu’il fallait soutenir et non combattre. Il s’agissait donc de détourner l’attention des vrais problèmes. Il semble que l’opération a couté des sommes colossales, puisque payée en Euros. Elle n’a pas prospéré tant l’argumentaire était futile et des plus idiots.

10/ LES EDITORIALISTES ET CHRONIQUEURS DES GRANDS MEDIAS TRADITIONNELS. En effet les grands chroniqueurs et éditorialistes des médias traditionnels ont été fortement mis à contribution pour appeler les populations à la retenue et à la raison car « aucune marche ne fera reculer le terrorisme » et qu’il fallait éviter « d’ajouter le chaos au chaos ». On ne le sait que trop bien, dans ce milieu, rarement goutte d’encre ou de salive tombe gratuitement ! Pour que des chantres de la liberté d’expression et de manifestation « osent » applaudir la répression de manifestants, cela demande à coût sûr, … un coût !

11/ BLACKOUT DES MEDIAS TRADITIONNELS. Alors que colonnes des journaux, micro des radios et caméras des télés du privé comme de l’Etat étaient gracieusement et avec empressement offerts aux partisans du pouvoir et à tous ceux qui voulaient le soutenir, les organisateurs de la manifestation essuyaient un refus systématique et ferme à toute demande de couverture et d’intervention. S’il est évident que depuis les évènements de 2014 à une ou deux exceptions près, les médias traditionnels au Burkina Faso jouent du côté du pouvoir, de là à refuser de s’ouvrir à ceux qui le contestent, surtout dans le cas présent, c’est qu’à-même un peu trop fort de café. Même l’argument du caractère « illégal » de la manifestation ne peut pas constituer une excuse valable. Assurément nous venons de vivre un précédent extrêmement grave qu’il va falloir assumer un jour ou l’autre.

Ces organes de presse ont-ils reçu des consignes ou ont-ils agit par autocensure ? La question mérite d’être posée car tellement d’argent a circulé dans cette affaire qu’on ne serait pas surpris de découvrir que tel ou tel responsable a été soudoyé ! Si on ajoute à ce boycott actif, le fait de la coupure de l’internet mobile, c’est dire que les organisateurs n’avaient presqu’aucun moyen pour communiquer avec leurs militants et les populations pour les mobiliser ou tout simplement passer leurs messages. Cet ostracisme, loin de les décourager les a tout au contraire sublimé.

12/ LA FERMETURE DES ECOLES. On le sait, les élèves et les étudiants forment généralement le gros des troupes et le cœur actif des manifestations publiques. C’est donc de bonne guerre que le pouvoir ferme les établissements scolaires pour empêcher que les organisateurs n’aillent les faire sortir pour gonfler leur nombre. On le sait aussi, avec les enfants on arrive facilement à tous les excès et le pouvoir avait légitimement peur d’être débordé. La fermeture des écoles a donc notablement nuit à l’action des organisateurs. Dans toute la chaine c’est la seule activité qui ne lui rien coûté.

13/ LES MENACES ET INTIMIDATIONS DES ACTIVISTES ET LEADERS D’OPINIONS. La semaine qui a précédé la manifestation a été fortement mis à profit par les tenants du pouvoir pour organiser des opérations ciblées de menaces et d’intimidations des leaders du mouvement de contestation. Elles ont été réalisées avec la complicité des forces de l’ordre avec des convocations tous azimuts pour des auditions, des rumeurs sur des listes de personnes à arrêter, des manœuvres, des propos et des actes attentatoires à la liberté et à la quiétude de certaines personnes réputées proches ou favorables aux contestataires. De même on a fait abondamment circuler la rumeur d’une répression sauvage qui allait s’abattre sur les responsables de la manifestation à tous les niveaux. La promesse du Président du Faso d’être ferme dans les sanctions sur les dysfonctionnements dans le drame d’Inata a servi d’indicateur.

14/ LES PATROUILLES DES FDS EN VILLE. L’intensification des patrouilles des fds en ville a contribué à exercer une véritable psychose sur les populations. En effet les partisans du pouvoir laissaient entendre que c’était en prélude à la répression brutale qui allait s’abattre sur tous ceux qui s’aventureraient à vouloir participer à la marche parce qu’elle était illégale. Ouagadougou était devenue comme une ville en état de siège. Ajouté à cela tout le monde a en mémoire les propos du Président de l’Assemblée Nationale affirmant que les manifestants fomentaient un coup d’Etat et incitait l’Armée à en faire mais que celle-ci était républicaine et ne le ferait pas.

15/ UNE VIOLENTE CAMPAGNE DE DENIGREMENT ET DE DESINFORMATION contre les organisateurs et la marche a eu cours au point qu’il a été impossible pour eux d’avoir des lieux de réunions ou même des lieux pour tenir leurs conférences de presse. Des salles qui leur étaient accordées leur étaient brutalement refusées au dernier moment sans la moindre explication. Accusés d’apatridie, de putschisme, de haine, de vouloir restaurer l’ancien régime pour se venger, …, les partisans de la marche ont dû se battre pour faire accepter leur cause pourtant largement partagée au sein des populations.

16/ LES OPERATIONS DE RAMASSAGE DES PNEUS USAGES EN VILLE. La mairie, comme cela est souvent le cas lorsqu’il se profile à l’horizon des manifestations au cours desquelles il pourrait y avoir des débordements avec barricades sur les voies publiques et incendies de pneus, a organisé au cours de la dernière semaine avant la manifestation de nombreuses sorties de ramassage de vieux pneus dans la ville. Un zèle particulier a été mis cette fois-ci dans cette opération avec des consignes fermes données à chaque arrondissement de gérer au mieux son espace territorial. Les structures du parti ont été aussi fortement utilisées dans ce travail.

17/ DISTRIBUTION D’ARGENT DANS DE NOMBREUSES MOSQUEES. Beaucoup de mosquées, notamment des mosquées du vendredi ont reçu de mystérieux visiteurs porteurs d’enveloppes d’argent. Ils demandaient des bénédictions pour le pouvoir, la paix et la victoire contre le terrorisme. Personne n’a été dupe ; ces actions posées en ces moments particuliers visaient uniquement à sensibiliser la communauté contre la marche et les marcheurs.

18/ LE PAN REMET 5 MILLIONS POUR DES CHEFS CHEZ LE LARLLE NABA, MINISTRE DU MOGHO NABA. Selon nos sources ce sont officiellement 424 chefs qui vont se partager le pactole de 5 millions de FCFA laissé chez le Larllé Naba par le président de l’Assemblée Nationale, par ailleurs président du Mpp. On a beau tourné et retourné le fait, il s’apparente beaucoup trop à de la corruption ne pas en être une. Quand on connait le rôle que joue le Larllé Naba aussi bien dans la cour du Mogho Naba que dans le pouvoir de Roch Marc Christian Kaboré on peut aisément en déduire que nos têtes couronnées n’ont certainement pas travaillé à mobiliser pour la marche !

19/ VENTES DE PRODUITS SONAGESS. La veille de la marche, tout Ouagadougou a été informé qu’il y aurait des ventes de vivres SONAGESS (Société Nationale de Gestion des Stocks de Sécurité) un peu partout dans la ville. Par ces temps de vie chère, il y a eu naturellement une ruée de femmes et d’enfants sur ces lieux. Entre participer à la marche et aller acheter ces vivres à prix réduits, le choix est très vite fait !

20/ CIRCULATION MASSIVE D’ARGENT DANS LES QUARTIERS, LES UNIVERSITES, LES CITES. En effet rarement le parti au pouvoir et ses affidés ont été aussi généreux et présents dans les cités universitaires, auprès des « grins de thé » dans les quartiers. La contrepartie a été partout la même : ne pas participer et inciter les jeunes à ne pas prendre part à la marche du 27.

21/ LA PARTICIPATION ACTIVE DES KOGOLWEOGOS DANS LA REPRESSION DES MANIFESTANTS.

Depuis la veille de la marche une folle rumeur avait saisi la ville de ce que les kogolwéogos allaient être de la partie pour s’occuper des marcheurs. Quand on connait la mauvaise réputation de ces milices en matière de tortures, cette rumeur aurait à elle seule suffit pour dissuader un bon nombre de Burkinabè d’oser le déplacement. Les Kogolwéogos étaient là mais mal leur en a pris car ils ont été copieusement et sévèrement battus par des manifestants remontés. Nombre d’entre eux n’auront la vie sauve que grâce à l’intervention des Gendarmes.

Le simple fait d’avoir engagé ces éléments dans une crise de cette nature est extrêmement grave et montre la peur panique qui s’est emparée du pouvoir. D’une part cela accrédite la thèse selon laquelle les kogolwéogos sont des milices du Mpp et d’autre part le fait d’opposer des civils entre eux est assurément une porte ouverte à des blessures, voire des morts et une possible guerre civile.

22/ LA FERMETURE DES LIEUX DE REGROUPEMENT PAR DES FDS EN NOMBRE ET LOURDEMENT ARMEES.

Jamais la Place de la Nation n’a été aussi « bouclée » ! Un double cordon de policiers et gendarmes, des barrages et des unités mobiles empêchaient l’accès à la Place de la Nation d’où devait partir la marche.

23/ LE MESSAGE DU PRESIDENT A LA NATION DU 25 NOVEMBRE : « Après ce message il n’y a plus de raison de marcher ! » ; ce commentaire d’un cacique du pouvoir indique clairement que le message du président du 25 novembre à 23H30 était en tout premier lieu adressé aux organisateurs de la marche dans le sens de les convaincre à ne pas continuer leur action et aux populations de ne pas les suivre le cas échéant.

LIBEREZ LES JEUNES SI VOUS COMPRENEZ REELLEMENT LA COLERE DE VOTRE PEUPLE ET SI VOUS ALLEZ REELLEMENT AGIR !

Si après toutes ces actions et mesures le président et son Mpp sont étonnés de n’avoir pas été chassés du pouvoir, de deux choses l’une ; à moins que ça ne soit les deux à la fois. Soit que dans leur peur-panique extrême ils n’ont pas pris la mesure de l’ampleur de leur réaction ; soit qu’ils sont conscients de n’être plus la solution et qu’ils devraient logiquement être débarqués.

Dans tous les cas le Président doit comprendre qu’il est dos au mur et que son ennemi ce n’est ni son peuple, ni ceux qui expriment sa colère qu’il dit comprendre, ni ceux qui se font les relais de cette colère, ni ceux qui lui demandent de se rendre à l’évidence qu’il n’a plus le contrôle de la situation et qu’il devrait en toute logique revoir entièrement son style de gouvernance.

Ces ennemis se sont ces lâches et opportunistes ; ces voleurs et incompétents autour de lui qui l’incitent à se couper davantage de son peuple en lui suggérant les solutions sans issues de la répression et du déni. Même si vous faites tout ce que vous avez promis et laissez ces jeunes en prison, le peuple ne vous suivra pas, car notre peuple n’est ni lâche ni ingrat ! Il ne sert à rien d’ajouter de la colère à la colère !

Monsieur le président Roch Marc Christian Kaboré, vous ne pouvez pas dire que « …, LE DRAME D’INATA A ENGENDRE DES REACTIONS DIVERSES, SOMME TOUTE, COMPREHENSIBLES, … » et emprisonnez ceux qui expriment la colère du peuple ! Ou alors vous n’avez rien compris du tout et devriez en conséquence envisager sereinement de démissionner, car la colère de votre peuple est réelle et risque de vous péter au visage !

On vous regarde !

Issaka LINGANI

« Le drame d’Inata a engendré des réactions diverses, somme toute, compréhensibles, du fait des circonstances dans lesquelles il s’est produit. Oui, j’ai compris votre message qui nous invite à un changement de paradigme ».

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