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Procès Thomas Sankara et ses compagnons : Major Yitienga, le témoin qui pleure à la barre

C’est lui, alors qu’il était au CNEC de Pô, en 1987 s’est déplacé à Ouagadougou pour éteindre le feu entre Balise Compaoré et Thomas Sankara. C’est encore lui, qui tenta de réunir les gardes rapproches de Blaise Compaoré et Thomas Sankara pour calmer la tension. Pour finir, il n’a pas pu prévenir Thomas Sankara qu’il y avait un danger qui le guettait. Et, finalement, il a assisté à la mort de Thomas Sankara à distance. Dans le récit de ce 08 décembre 2021, il pleure.

Yitiénga Adama, adjudant en 1987, au moment du coup d’Etat contre Thomas Sankara. Aujourd’hui, 66 ans à la retraite, père de famille, adjudant-chef major. A l’époque, commandant d’unité de la garde présidentielle et secondant du lieutenant Gilbert Diendéré au management de la sécurité du Conseil.

L’homme qui a écrit une lettre à Thomas Sankara

« Aux sorties du président Sankara, nous étions permanemment sur le terrain. Mais le 15 Octobre 1987, je n’étais pas au conseil de l’entente. J’étais en stage pour porter le grade de sergent-chef à Pô. Mais j’avais de bonnes relations avec les leaders de la révolution. Quand j’étais au conseil, je mangeais avec Blaise Compaoré et Thomas Sankara et Gilbert Diendéré et nous avions des occasions de discuter, même à huis clos. J’entretenais de bonnes relations avec les leaders de la révolution, même étant à Pô, j’étais membre du conseil national de la révolution.

J’ai dit au soldat Der Somda que je m’inquiétais pour la révolution.

 En stage à Pô, on avait le temps pour sortir. Un jour, j’ai rencontré Der Somda et il m’a dit que rien n’allait entre les leaders de la révolution. Je l’ai envoyé chez Thomas Sankara pour lui dire que je m’inquiétais pour eux, et pour la révolution. Par la suite, Thomas Sankara m’a écrit pour me dire que tout allait bien. Après j’ai appris que tout n’allait pas bien, alors j’ai décidé de prendre une permission pour me rendre à Ouagadougou et aider à trouver une solution. Je suis arrivé à Ouagadougou, j’ai rencontré Thomas Sankara et il m’a dit que rien n’allait entre Blaise et lui, mais qu’il avait trouvé une issue pour apaiser une solution.

Je lui propose de rencontrer Diendéré pour préparer une rencontre avec les éléments de sécurité de Thomas et Blaise Compaoré, afin d’apaiser une solution. J’ai demandé à Diendéré ce qui se passait entre les leaders de la révolution, mais il est resté fermé et est devenu méfiant. Finalement, après insistance, il a organisé la réunion le 15 octobre matin entre les éléments des deux leaders. A notre grande surprise, tous les éléments de Thomas Sankara étaient là, mais côté Blaise Compaoré, c’était Amidou Maiga , seul. J’ai demandé d’après Hyacinthe Kafando, mais on m’a dit qu’il est malade.

En tant qu’ancien des sous-officiers, j’ai pris la parole pour les inviter au calme. Mais pendant la durée de la réunion, Diendéré n’a rien dit. Nous avons fait des propositions parmi lesquelles inviter les leaders de la révolution à s’entendre.

Après la réunion, Diendéré nous contacte pour nous dire qu’il a reçu une information de catégorie A disant que Thomas Sankara veut arrêter Blaise Compaoré. Il expliquait que lors de la réunion des leaders de la révolution, Thomas Sankara envisageait quitter la réunion, afin que Sigué arrête Blaise Compaoré. Par la suite, il a dit qu’il va arrêter Thomas Sankara pour éviter cela. Ensuite, il nous a consigné de rester au rondpoint allant au ministère des affaires étrangères. Depuis 14h, nous sommes restés jusqu’à 17h, c’est là, qu’on a appris que Thomas Sankara a été tué. Après cela, Diendéré n’a rien dit jusqu’à 7h, où nous sommes revenus au conseil, et par la suite je suis retourné à Pô pour mon stage.

Lors de son témoignage, le major Yitienga adama a versé les larmes lorsqu’il a appris la mort de Thomas Sankara. Il ajoutera qu’il a été contacté par Gilbert Diendéré en 2017, lors de son audition, par le biais de Tondé Ninda pour lui demander de mentir au juge d’instruction sur certains faits, en lien avec le 15 Octobre 1987.

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