Politique

Burkina/Gouvernance sociale : De la préoccupation du groupe parlementaire NTD sur la « journée continue »

S’il y a une intervention des députés, lors de la déclaration de politique générale du Premier ministre Lassina Zerbo (vendredi, 7 janvier 2022) qui a aussi retenu l’attention, c’est bien celle relative à la « journée continue » au Burkina, soulevée par le groupe parlementaire NTD. Cette question au gouvernement pose le suivi même de certaines décisions à fort impact, et dont on ne parle pas souvent. Evaluer donc la mise en œuvre d’une telle grande décision pourrait contribuer non seulement à la lisibilité, mais également à une meilleure appropriation de son enjeu par ses destinataires.

C’est sous la transition, en 2015, que le Burkina a basculé dans la « journée continue ». Sept ans se sont écoulés…et une évaluation pourrait effectivement être judicieuse pour toutes les populations, notamment les agents, les usagers et pour la politique globale même du gouvernement. Certes, un léger réaménagement a été opéré en décembre 2017, mais la réalité également est que la journée continue (voir détails ci-dessous) ne paraît pas pertinente aux yeux de tous, surtout d’agents publics eux-mêmes.

Des usagers, raison d’être de l’administration publique, semblent jusque-là également, n’en être pas satisfaits. Certains fonctionnaires proposent même que la journée continue ne soit de mise qu’à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso (les deux capitales) ; la situation n’étant pas, selon eux, adaptée à leurs conditions de travail à l’intérieur du pays.

En soulevant cette question, que partagent certainement, et en silence, de nombreux agents ainsi que des usagers, le groupe parlementaire NTD (Nouveau Temps pour la démocratie) met le doigt sur une question réelle. Le gouvernement doit se donner les moyens de peser cette mesure, née sous le feu de l’insurrection et qui voulait que « plus rien ne soit comme avant ».

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On parle et prône une administration moderne, efficace, au service des usagers. Il sied donc d’évaluer la journée continue au Burkina (le monde de l’éducation a, par exemple, éprouvé des difficultés ; temps de pause, 12h30-13h, jugé insuffisant pour se restaurer, récupérer et reprendre efficacement…).

Si l’état des lieux donne satisfaction, l’évaluation aurait au moins le mérite de convaincre davantage les sceptiques (agents et usagers) à plutôt s’adapter. Dans le cas contraire, il faut trouver une formule plus adéquate (pour la majorité et pour l’intérêt de l’administration). Cela est d’autant nécessaire que l’administration publique est le pilier sur lequel, reposent tous les autres pans de la vie nationale (secteur privé, investissements, autorité de l’Etat, etc.).

Cela devra se faire dans une vision globale des efforts de minimisation des insuffisances internes à certaines administrations/départements ministériels.

Un tel acte du gouvernement sera important pour accompagner le vaste travail de modernisation et d’innovation qui est en train de s’observer avec le ministère de la Fonction publique, du travail et de la protection sociale.

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Oumar L. Ouédraogo
Lefaso.net

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