Politique

CDP : Le récépissé « qui bloque » la visite de Zéphirin Diabré ?

La tournée générale du président de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), Zéphirin Diabré, auprès des partis politiques se poursuit normalement, dira-t-on. Seulement, l’étape du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) semble piétiner, le rendez-vous a été deux fois reporté. Une petite curiosité a permis de glaner quelques informations sur les raisons. « Il y a deux branches du CDP : la branche dirigée par Eddie Komboïgo et celle dirigée par Achille Tapsoba. Cinq mois après le congrès qu’il a organisé, le camp d’Eddie Komboïgo est toujours en attente du récépissé », commente des sources internes au CDP, sans répondre exactement si les reports tiennent à cette situation.

Initialement prévue pour le jeudi 12 mai 2022, l’étape du CDP a été reportée avant d’être reprogrammée pour mercredi 18 mai. Elle sera également reportée sine die. Ce qui suscite des questionnements dans une dynamique où la visite s’est poursuivie ‘’normalement » avec les autres partis jusque-là programmés et à un moment où le parti traverse une crise.

« Pour le premier report, il était question de décès. La session du bureau exécutif national du samedi 14 mai avait pourtant donné quitus à Eddie Komboïgo de recevoir Zéphirin Diabré et sa délégation. Je pense effectivement qu’il y a un vrai problème, c’est le récépissé. L’autre camp estime que Eddie Komboïgo n’a pas la légitimité pour recevoir une délégation au nom du CDP. (…). Cela fait cinq mois que le congrès a été organisé, mais le récépissé se fait toujours attendre. Tous les partis qui ont tenu leur congrès après nous et même des assemblées générales constitutives, comme le PPS, ont eu leur récépissé. (…). Le président (Eddie Komboïgo) a même adressé une correspondance cette semaine au ministère en charge des libertés publiques, avec ampliation au Premier ministre », apprend-on de sources proches d’Eddie Komboïgo.

Lire aussi : Burkina/Politique : Le congrès du CDP suspendu sur décision de justice

Des informations en provenance de la direction de l’UPC confirment également ce souci lié à la légalité. « Finalement, avec le problème qui se pose, rendre visite à un camp reviendrait à poser un acte de légitimation et à prendre position. Ce qui est politiquement incorrect. Le président (Zéphirin Diabré, ndlr) se voit donc obligé d’attendre le document officiel (le récépissé) avant l’étape du CDP », explique cette personne-ressource à l’UPC.

En rappel, depuis mi-décembre 2021, le CDP (Congrès pour la démocratie et le progrès) est divisé par une crise qui se traduit par deux blocs du parti.

Le bloc dirigé par Eddie Komboïgo, appelé « aile futuriste » et celui dirigé par Achille Tapsoba, nommé « aile historique ». C’est dans cette atmosphère que celui dirigé par M. Komboïgo a tenu son congrès les 18 et 19 décembre 2021 à l’issue duquel, il a été « réélu à la tête parti ». Un congrès qui, selon l’autre camp, manque de légalité. Depuis le congrès, Eddie Komboïgo et son équipe attendent le récépissé qui devra les conforter par rapport au parti, le CDP. Et là, seule une décision des institutions compétentes viendra mettre fin à cette situation de bicéphalisme.

Oumar L. Ouédraogo
Lefaso.net

Comments

comments

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page
Social Media Auto Publish Powered By : XYZScripts.com