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En avant, marche !

Une semaine s’achève, une nouvelle page de notre histoire commune s’ouvre. Les forces vives se sont réunies ; elles ont, d’un commun accord, porté le capitaine Ibrahim Traoré à la tête de la Transition pour les 21 mois à venir. Ces assises nationales, qualifiées de « messe inutile » par les uns et de cadre « fondateur de légitimité » du nouveau pouvoir par les autres, ont pu se tenir sans grand couac.

Les veillées d’armes n’ont pas dégénéré, donnant une fois de plus raison à la raison et au bon sens. Le capitaine Traoré tient désormais les rênes du pays des Hommes intègres. Il les tient, complicité du destin oblige, depuis la veille de la commémoration de l’assassinat du leader de la Révolution d’août 1983, Thomas Sankara. Si les soutiens qui ont pris d’assaut les rues du pays et les réseaux sociaux ne brassent pas du vent, il a devant lui une fenêtre de tir judicieuse, artilleur qu’il est. En effet, la génération actuelle semble lui accorder un large crédit quant à sa capacité d’impulser comme leader, le renouveau du pays des Hommes intègres. Comme l’a dit l’éminent historien burkinabè Ki-Zerbo, dans l’exergue de son ouvrage Repère pour l’Afrique, « Chaque génération a des pyramides à bâtir.» Le flambeau sankariste reçu par les jeunes, le 15 octobre dernier, est un symbole qui les invite à s’approprier davantage les idéaux de patriotisme prônés par Thomas Sankara. Ce flambeau est également le symbole d’une responsabilité collective à prendre en main le destin du pays étreint par l’écume d’obscurantistes sans foi ni loi. Afin de jouer pleinement le rôle qui est le sien dans ce contexte particulier, la jeunesse devra se garder d’être une girouette qui s’agiterait au gré des humeurs de manipulateurs opportunistes qui veulent manger à tous les râteliers. La Charte de la Transition adoptée par les forces vives est assez éloquente sur ce que le capitaine Traoré devrait avoir en ligne de mire.

En première place des sept missions principales de la Transition trône celle de « rétablir et renforcer la sécurité sur l’ensemble du territoire national ». C’est là une grande attente du peuple burkinabè ! Il est maintenant temps de voir émerger des « Ladji Yoro », des jeunes qui, au niveau individuel ou au sein des VDP, s’engagent à défendre la patrie jusqu’au sacrifice suprême si nécessaire. L’heure a sonné pour les plus anciens d’enseigner aux autres les secrets de la survie d’une nation en péril. Ce sera le signe d’un peuple qui assume son destin et qui se donne les moyens pour construire le pays de son rêve, fort et respecté, capable de ramener la paix perdue, de résister à tous les soubresauts de l’histoire et d’envisager l’avenir avec sérénité. C’est à ce prix que la Transition produira les fruits escomptés dont nous serons tous fiers. Alea jacta est ; au charbon donc !

Assetou BADOH

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