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Crise sécuritaire au Sahel : des chercheurs décryptent les enjeux

L’Organisation démocratique de la jeunesse (ODJ) au Burkina Faso en collaboration avec la fondation Rosa Luxembourg a organisé un atelier de restitution des résultats d’études de trois chercheurs relatifs aux évènements tragiques que le pays traverse depuis quelques années. C’était, le vendredi 2 décembre 2022, à Ouagadougou.

« Après huit ans de présence, l’opération Barkhane est perçue comme un instrument au service de la volonté d’accaparement française des ressources naturelles du Sahel qui conduit Paris à fabriquer, soutenir et laisser faire le djihadisme. » C’est ce qui ressort du rapport du chercheur Félix Atchadé sur le thème : « Sahel : Le militarisme franco-africain en échec ». Les résultats de ces recherches ont été présentés au cours d’un atelier organisé par l’Organisation démocratique de la jeunesse (ODJ) du Burkina Faso, en collaboration avec la fondation Rosa Luxembourg, le vendredi 2 décembre 2022, à Ouagadougou.

Dans sa communication, l’auteur a relevé que la France inspire la crainte. Malgré la croissance des budgets et les effectifs militaires du Mali, du Burkina Faso et du Niger, l’implication et la détermination des troupes onusiennes et françaises, on ne peut que constater l’échec des réponses à une crise qui n’en finit plus. Certains interlocuteurs, a-t-il dit, vont jusqu’à parler de connivence entre l’armée française et les djihadistes. Relativement à la « Gestion de la crise sécuritaire au Burkina Faso : Perspectives de développement et de la société civile en matière de prévention des crises », de la chercheuse, Bettina Engels, presque toutes les personnes interrogées s’accordent pour critiquer la coopération et l’intervention militaires extérieures, notamment de la France. Cependant, la ligne d’argumentation de ces critiques varie.

Certains argumentent dans une perspective d’économie politique plus ou moins anti-impérialiste, tandis que d’autres émettent des doutes quant à la transparence et l’efficacité de l’intervention militaire. Outre ces deux auteurs qui remettent en cause un réel engagement de la France dans la lutte contre le terrorisme, le chercheur, Hermann Moussa Konkobo, quant à lui, s’est interrogé sur les « politiques alternatives aux violents affrontements dans le secteur minier artisanal et semi-mécanisé de l’or au Burkina Faso ». Il ressort de son analyse qu’au Burkina Faso, les acteurs positivistes, entre autres, l’ODJ et le Mouvement burkinabé des droits de l’Homme et des peuples (MBDHP) considèrent le conflit minier comme un moyen efficace d’amélioration des conditions de vie et de travail des populations marginalisées par l’ordre social. Aux dires de M. Konkobo, les industriels miniers mènent une concurrence déloyale aux artisans miniers. Un cadre juridique clair devrait mettre fin aux privilèges de l’exploitation industrielle et viser également à réduire l’impact écologique des activités minières en général. Au regard de l’importance de ces rapports, a expliqué le secrétaire général adjoint de l’ODJ, Yempani Lankoandé, l’objectif de son association est de renforcer les capacités des Organisations de la société civile (OSC) et de recadrer certaines d’entre elles dans leurs réflexions.

Oumarou RABO

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