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Garder espoir

Les groupes armés sont particulièrement actifs, ces jours-ci, au Burkina Faso. Certes, on reste dans la routine, mais la multiplication des attaques terroristes, dans un contexte sécuritaire déjà très préoccupant, a de quoi alimenter davantage les craintes. Le lundi 5 septembre 2022, 35 civils ont perdu la vie et 37 autres ont été blessés sur l’axe Djibo-Bourzanga, dans la région du Sahel, à la suite d’un attentat à la mine contre un convoi de ravitaillement en partance pour Ouagadougou. Les blessés ont été pris en charge et les cas difficiles évacués vers des structures appropriées, selon un communiqué du gouverneur de la région du Sahel, le lieutenant-colonel, Fabien Rodolphe Sorgho. Pendant qu’on pleure ces morts, une autre attaque contre le poste de sécurité du pont Nazinon, situé sur la route nationale 5, dans la région du Centre-Sud, a été enregistrée tôt dans la matinée du mercredi 7 septembre 2022. La nature des dégâts n’était pas encore connue et la circulation n’avait pas été interrompue. La région du Centre-Sud, qui était relativement épargnée, semble désormais être dans le viseur des extrémistes, décidés à semer le chaos sur la terre de nos ancêtres.

D’autres attaques contre des infrastructures publiques et des installations téléphoniques ont été aussi signalées récemment dans les régions de la Boucle du Mouhoun et du Nord. Il n’a pas échappé aux observateurs avertis, que ces barbaries interviennent dans le contexte du premier bilan d’étape de la reconquête du territoire national, par le régime de Transition, dirigé par le lieutenant-colonel, Paul-Henri Sandaogo Damiba. Le discours solennel du chef de l’Etat à la Nation relatif à ce bilan, prononcé le 4 septembre 2022, renseigne sur une désorganisation du dispositif de l’ennemi, contraint désormais à faire des actions d’éclat, comme la destruction d’édifice ou des attaques contre les populations. Ce chambardement résulterait des efforts consentis, ces cinq derniers mois, sur le plan militaire, par les autorités de la Transition. Il s’agit notamment de la remobilisation des Forces de défense et de sécurité (FDS), de l’exploitation des renseignements « plus précis » et de l’intensification des actions offensives.

Si la résurgence des attaques constatée en ce moment témoigne de cette désorganisation, il faut s’en réjouir malgré tout et espérer que les groupes armés se désintègrent progressivement, au profit de nos FDS et des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) qui les appuient, de jour comme de nuit. Le vœu le plus ardent est que l’armée burkinabè prenne le dessus sur les forces du mal, qui agressent notre chère patrie depuis 7 ans. Trop de sang et de larmes ont coulé sous nos cieux, que l’on souhaite vivement la fin de toutes ces exactions et horreurs. La Nation est en péril. Selon le classement des Etats les plus touchés par le terrorisme, Global Terrorism Index 2022, de l’Institut pour l’économie et la paix (IEP), le Burkina Faso vient en 2e position sur le plan africain et en 4e position sur le plan mondial, après la Somalie. Les réalités du terrain peuvent inciter au pessimisme et c’est légitime. Mais nous devons voir l’avenir sous de meilleurs auspices. Les Burkinabè peuvent vaincre l’adversité et il faut y croire fermement. La remobilisation et la réorganisation des troupes engagées par le président Damiba, tout comme l’acquisition effective ou en cours d’équipements permettent d’espérer un renversement total de la tendance sur le terrain du combat contre le terrorisme. « Vivre sans espoir, c’est cesser de vivre », disait l’écrivain russe, Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski.

Kader Patrick KARANTAO

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