Ganzourgou : Lancement de la Semaine des Langues Africaines
Zorgho, 26 février 2025 (AIB) – Le haut-commissaire de la province du Ganzourgou, Mme Aminata Sorgho/Gouba, a officiellement lancé, ce mercredi 26 février 2025, les activités de la Semaine des Langues Africaines (SLA) et de la Journée Internationale de la Langue Maternelle (JILM). La cérémonie s’est tenue à l’école Laafi Béemè de Zorgho, en présence des autorités administratives, des enseignants, des élèves et des parents d’élèves.
L’événement a débuté par la montée des couleurs nationales, suivie de l’hymne national chanté en mooré, une langue locale, symbolisant ainsi l’importance de la valorisation des langues maternelles.
Dans son discours, le haut-commissaire a salué l’initiative du Ministère de l’Enseignement de Base, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues Nationales (MEBAPLN), qui, selon elle, « contribuera sans nul doute à la promotion et à la valorisation de nos langues locales ».
Mme Sorgho/Gouba a rappelé le contexte historique de la domination coloniale, qui a marginalisé les langues africaines au profit des langues européennes.
« Le colon avait tout planifié pour étouffer les langues africaines et valoriser les langues européennes. C’est ainsi que, depuis 1962, le français est à la fois la langue officielle et la langue d’enseignement au Burkina Faso, alors même que le pays compte plus d’une soixantaine de langues nationales », a-t-elle déclaré.
Elle a également souligné que cette hégémonie du français a eu des conséquences néfastes sur le développement affectif et cognitif des jeunes écoliers africains.
Le haut-commissaire a insisté sur la nécessité de promouvoir les langues nationales pour préserver l’identité culturelle et renforcer la souveraineté des peuples africains.
« Le choix des Journées des Langues Africaines et de la Journée Internationale de la Langue Maternelle par le MEBAPLN est une impérieuse nécessité pour un peuple en reconquête de son identité culturelle, de sa souveraineté et de son indépendance véritable », a-t-elle affirmé.
Elle a également lancé un appel solennel aux enseignants et aux élèves pour qu’ils s’investissent pleinement dans les activités de promotion des langues nationales, telles que les contes, la poésie, les chants, la gastronomie locale et la production littéraire en langues locales.
Un engagement fort pour l’éducation en langues nationales
La directrice provinciale en charge de l’éducation primaire, Nobila Célestine Zagré/Zoungrana, a salué la mobilisation des autorités et rappelé l’importance des langues maternelles dans l’éducation. Elle a invité tous les acteurs à s’investir dans des activités visant à promouvoir ces langues.
L’école Laafi Béemè, qui a accueilli l’événement, a été présentée par son directeur, Didier Rouamba. Ouverte en 1990 avec trois classes, l’école compte aujourd’hui six classes et 324 élèves, dont 150 filles. Elle met en œuvre les nouveaux curricula et s’engage à relever les défis de l’éducation.
En déclarant officiellement lancées les activités de la Semaine des Langues Africaines et de la Journée Internationale de la Langue Maternelle, le haut-commissaire a souhaité un bon déroulement des activités et appelé à une appropriation collective de cette belle initiative.
Agence d’information du Burkina
MS/ata
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