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Burkina : « La souveraineté économique se construira par des investissements productifs, structurants et une mobilisation collective autour de l’intérêt national », exhorte le vice-président de la COGEF, Al Hassan Sienou

La Confédération générale des entreprises du Faso (COGEF), ancien Conseil national du patronat burkinabè (CNPB), a, en marge de ses Journées du patronat burkinabè (5 et 6 février 2026 à Ouagadougou), tenu le premier Forum d’investissement souverain (FIS), sous le thème : « Souveraineté économique du Burkina Faso et investissement productif : enjeux et orientations stratégiques ». L’activité, qui a mobilisé, vendredi 6 février, de nombreux acteurs nationaux, de la diaspora et des délégations étrangères, a accouché de résolutions, recommandations et d’expressions de gratitude au président du Faso « pour sa vision assumée d’un Burkina sécurisé, souverain, digne et résolument tourné vers la maîtrise de son destin économique ».

C’est dans une grande mobilisation des acteurs que se sont ouverts les travaux de ce premier forum, à travers une cérémonie dédiée et présidée par le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, représentant le Premier ministre, patron de ces Journées du patronat burkinabè, et avec pour président le premier responsable de la Confédération générale des entreprises du Faso (COGEF), Idrissa Nassa.

Dans son discours d’ouverture, le ministre Nacanabo a souligné que dans ce contexte national marqué par le défi sécuritaire, l’économie burkinabè fait preuve d’une résilience exemplaire, avec à l’actif une croissance de 6,5 % en 2025 et une inflation maîtrisée à -0,5 %. Ces résultats sont, salue-t-il, le fruit d’une synergie entre la vision stratégique de l’État, impulsée par le président du Faso, capitaine Ibrahim Traoré, et la ténacité des entrepreneurs burkinabè.

C’est pourquoi, rassure-t-il, l’État affiche son engagement à assainir l’environnement des affaires par des réformes incitatives et la promotion du contenu local.

Dans son intervention, qui a fait suite aux mots de bienvenue de la délégation spéciale de Ouagadougou prononcés par le vice-président, Dieudonné Ouédraogo, le président de la COGEF, Idrissa Nassa, a présenté les potentialités d’investissement au Burkina. Il a alors invité les acteurs à intégrer le fait que tout ce qui est importé peut être produit sur place au Burkina et ce qui est exporté, transformé localement ; ce qui a l’avantage également de créer plus d’emplois.

Selon M. Nassa, ce forum s’inscrit dans l’engagement du patronat burkinabè à accompagner la dynamique des plus hautes autorités en faveur de la souveraineté nationale. « Le Burkina Faso regorge d’énormes potentialités agricoles, de ressources naturelles stratégiques, de terres arables abondantes, d’un savoir-faire reconnu et surtout d’une population jeune et entreprenante, offrant de réelles opportunités pour l’investissement productif, la transformation et la création de valeur ajoutée. Malgré ces atouts, notre économie demeure insuffisamment transformée. Ce constat fait de la souveraineté économique un impératif stratégique, indispensable à une croissance économique durable et inclusive, à la préservation de la paix sociale et à la stabilité de notre pays. Cette réalité impose aujourd’hui un changement de comportement fondé sur la promotion de l’investissement productif, la transformation des ressources, la structuration des filières et des chaînes de valeur et une mobilisation accrue du secteur privé burkinabè pour la reconquête de notre souveraineté économique », analyse le président de la COGEF, Idrissa Nassa.

La cérémonie d’ouverture a fait place au panel inaugural sur le thème central « Souveraineté économique du Burkina Faso et investissement productif : enjeux et orientations stratégiques ».

Il est suivi de deux autres panels sur « Transformation des habitudes commerciales et montée en puissance de la production et de la transformation locale » et « Incitations, environnement des affaires et opportunités d’investissement pour la souveraineté économique du Burkina Faso ».

Toutes ces communications sont animées par des personnalités-ressources et experts, avec à la modération le conseiller spécial du président du Faso et pionnier des sciences de l’information et de la communication au Burkina, Pr Serge Théophile Balima ; l’homme d’affaires et président d’honneur de la COGEF, Lassiné Diawara, et l’ancien Premier ministre, Tertius Zongo.

Ainsi, les participants ont, après avoir analysé et examiné les thèmes et sous-thèmes, adopté des résolutions et recommandations. Au titre des résolutions, on note que le secteur privé s’est engagé en faveur de la transformation locale, par l’accroissement de ses investissements dans la production nationale et la transformation locale des ressources agricoles, minières, énergétiques, en vue de contribuer activement à la résolution de la dépendance aux importations. Les acteurs du privé promettent ensuite d’orienter leurs investissements vers les secteurs prioritaires, à travers surtout les projets de partenariat public-privé portés par l’État, et de miser prioritairement leurs efforts vers les secteurs à fort impact économique et social, tels que l’agriculture et l’agro-industrie, les mines et la transformation locale, l’industrie manufacturière et les matériaux de construction.

La troisième orientation est relative à la contribution du secteur privé à la souveraineté économique (le secteur privé réaffirme son rôle de partenaire stratégique de l’État dans la construction d’une souveraineté économique fondée sur la création de valeur ajoutée, l’industrialisation et la création d’emplois durables). Par la quatrième résolution, le secteur privé s’engage à assurer un suivi et une évaluation des actions à travers la mise en place de mécanismes de concertation issus de ce forum et à contribuer à l’institutionnalisation de ce cadre de dialogue.

Faire de la souveraineté économique une œuvre collective fondée sur la responsabilité, l’audace, la solidarité nationale

Les recommandations sont, elles, adressées au gouvernement. Il s’agit de l’amélioration du climat des affaires ; les participants recommandent au gouvernement de poursuivre l’amélioration du climat des affaires, la simplification et la digitalisation des procédures administratives, fiscales et douanières, de renforcer la sécurité juridique des investissements productifs. Ils plaident ensuite pour le renforcement des mécanismes d’incitations ciblées en faveur des investissements productifs à forte valeur ajoutée locale.

Le Forum recommande aussi la facilitation de l’accès aux financements de long terme pour les projets productifs et la mise en place de mécanismes de partage de risques entre l’État, le secteur bancaire et les investissements privés.

Dieudonné Ouédraogo, vice-président de la Délégation spéciale de la commune de Ouagadougou.

Le secteur privé suggère également la mise en place d’un cadre de dialogue et de suivi, par l’élaboration d’un plan d’action opérationnel conjoint gouvernement-secteur privé, assorti de responsabilités, de délais et d’indicateurs de performance. Il recommande, enfin, l’appui du gouvernement à l’institutionnalisation du forum comme cadre périodique de concertations stratégiques.

Avant de tirer les rideaux sur ce premier rendez-vous, les participants ont adopté une motion de remerciements et de gratitude au président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, « pour sa vision assumée d’un Burkina sécurisé, souverain, digne et résolument tourné vers la maîtrise de son destin économique ». Ils ont également remercié le Premier ministre et l’ensemble de son équipe pour la place qu’ils accordent au secteur privé dans la mise en place des actions économiques du gouvernement.

Dans le discours de clôture, à la fois du forum et de ces journées du patronat burkinabè, qu’il a prononcé, le vice-président de la COGEF, Al-Hassane Siénou, a noté que le forum a permis de jeter les bases d’une souveraineté renforcée entre le gouvernement et le secteur privé. Cadre de réflexions et d’engagement, le forum a, dit-il, et une fois de plus, démontré la vitalité, la résilience et l’ambition du tissu économique national. « C’est également un témoignage de notre engagement collectif à relever les défis de notre pays dans un contexte exigeant, mais porteur surtout d’espoir », a-t-il confié avant d’ajouter que « ce forum a confirmé une conviction partagée, qui est que la souveraineté économique n’est pas un slogan, mais une exigence stratégique pour notre pays ».

La souveraineté économique repose, estime M. Siénou, sur la capacité collective à produire davantage, à transformer localement les ressources locales, à investir durablement dans l’économie réelle et à bâtir des entreprises nationales fortes, compétitives et surtout résilientes.

« Le secteur privé burkinabè est prêt à investir, à innover, à créer de la valeur ajoutée et à prendre des risques pour contribuer à la souveraineté économique de notre chère nation. Pour y parvenir, cet engagement appelle en retour un partenariat public-privé sincère, structuré, orienté vers des résultats fondés sur la confiance, la concertation et surtout la co-responsabilité. La souveraineté économique se construira par des choix courageux, des investissements productifs, structurants et une mobilisation collective autour de l’intérêt national. L’heure est venue de transformer les résolutions issues de ce forum en actions concrètes, en projets bancables et en réformes opérationnelles », a exhorté le vice-président de la COGEF, Al-Hassane Siénou.

D’où l’appel solennel lancé à toutes les parties prenantes, à savoir l’État, le secteur privé, les partenaires techniques et financiers et la société civile, à faire de la souveraineté économique une œuvre collective fondée sur la responsabilité, l’audace, la solidarité nationale.

O.L

Lefaso.net

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