
L’Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés du Burkina Faso (AP/SFD-BF) a battu le rappel de ses membres autour de sa 23è Assemblée générale ordinaire, ce mardi 31 mars 2026 à Ouagadougou. Cette instance statutaire, signe du dynamisme et de la détermination de la faîtière à répondre aux exigences qu’elle s’est elle-même assignées pour le bonheur des populations, a non seulement examiné les activités menées en 2025, mais également dégagé les perspectives pour 2026. La cérémonie d’ouverture a été présidée par le directeur général de l’Agence nationale de Promotion de la Finance inclusive (ANPFI), Wango Fidèle Yaméogo, entouré du président du conseil d’Administration de l’AP/SFD-BF, Soungalo Seydou Yaméogo ; de la directrice exécutive de l’AP/SFD-BF, Claire Lossiané ; d’une représentante du directeur national de la BCEAO ainsi que d’une représentante du directeur de la Surveillance et du Contrôle des Systèmes financiers décentralisés.
Les membres participants à cette assemblée générale ordinaire, qui s’est déroulée au siège de la structure, l’AP/SFD-BF, ont eu pour taches d’examiner et adopter le rapport d’activités ainsi que l’état d’exécution du budget 2025, analyser le rapport d’audit des commissaires aux comptes au titre de l’année 2025, apprécier et adopter le rapport du Comité d’éthique et de déontologie avant de plancher sur le programme d’activités et de budget pour l’année 2026. L’instance a été, par ailleurs, marquée par la présentation de nouveaux membres, la remise d’attestations de reconnaissance de mérite à des membres, l’élection d’un membre dans le Conseil d’administration et l’approbation de trois autres membres dans le Comité d’éthique et de déontologie. « L’Assemblée générale ordinaire n’est pas seulement un rendez-vous institutionnel ; elle est l’expression vivante d’un secteur qui, année après année, porte l’ambition d’une finance plus proche des réalités de nos concitoyens. A cet égard, l’année 2025 aura été, à bien des égards, révélatrice de la résilience et du potentiel du secteur de la microfinance. Les performances enregistrées traduisent une progression notable de l’inclusion financière dans notre pays. Les encours d’épargne ont atteint un niveau significatif de 553, 359 milliards de FCFA, pour des encours de crédits s’établissant à 443, 953 milliards de FCFA », a, à travers son discours d’ouverture, apprécié le directeur général de l’Agence nationale de Promotion de la Finance inclusive (ANPFI), Wango Fidèle Yaméogo.

Pour M. Yaméogo, ces résultats traduisent le dynamisme d’un secteur qui soutient l’économie au plus près des populations, accompagne l’entrepreneuriat, renforce l’autonomie des femmes et des jeunes et contribue à la stabilité sociale dans un contexte national particulièrement exigeant.
« Cependant, au-delà des performances quantitatives, une exigence fondamentale s’impose à nous : celle de la qualité et de la durabilité de nos institutions. Le taux de créances en souffrance, établi à 6,61%, nous interpelle collectivement. Il nous rappelle que la croissance doit impérativement s’accompagner de rigueur dans la gestion des risques. La question des crédits sains doit donc demeurer au cœur de nos préoccupations. Elle appelle à un renforcement des mécanismes d’analyse et d’octroi, une amélioration des dispositifs de suivi et la promotion d’une culture du remboursement fondée sur une responsabilité partagée entre prêteurs et emprunteurs. Elle suppose également une meilleure connaissance des clients, aujourd’hui rendue possible grâce aux opportunités offertes par les outils numériques », a relevé le directeur général de l’ANPFI, pour qui, la digitalisation de la finance inclusive est donc un enjeu capital du moment. Il estime à ce sujet que, les institutions de microfinance sont désormais appelées à dépasser les approches traditionnelles pour intégrer pleinement les solutions digitales, tels que le mobile-money, les plateformes de services financiers, le scoring digital, l’inter-opérationnalité des systèmes. C’est dans cet esprit qu’il réaffirme l’engagement de l’ANPFI à accompagner les acteurs du secteur, notamment à travers la promotion de l’innovation, le renforcement des capacités et la structuration d’un éco-système favorable à une inclusion financière durable.
Wango Fidèle Yaméogo a par ailleurs exhorté les institutions de microfinance à se conformer aux nouvelles exigences légales, gage de crédibilité et de résilience.
Selon le président du conseil d’Administration de l’AP/SFD-BF, Soungalo Seydou Yaméogo, cette instance statutaire est, avant tout, une tribune de redevabilité, de reddition des comptes aux membres des actions menées et de prospection de pistes de réflexions et d’orientations pour la période 2026. « L’année 2025, première étape de notre Plan d’affaires 2025-2027, a mis à l’épreuve notre résilience, tout en révélant notre capacité d’adaptation. Dans un contexte national exigeant, marqué par des défis sécuritaires persistants et des contraintes économiques, le secteur de la microfinance a démontré son rôle essentiel dans l’inclusion financière des populations. Notre bilan est encourageant, avec un taux d’exécution global de 81% de nos activités programmées. Ces résultats traduisent notre engagement collectif et notre capacité à concrétiser nos ambitions. Parmi nos réalisations-phares, citons notre présence active dans plus de 35 cadres de concertations et nos dix actions de plaidoyer ont renforcé notre position d’acteur incontournable ; le développement des compétences de nos membres avec plus de 500 participants qui ont bénéficié de près de quinze sessions de formations sur des thématiques pertinentes et innovantes, consolidant notre capital humain face aux enjeux de gouvernance et aux outils numériques ; l’accompagnement de onze institutions de microfinance dans l’application de notre Code d’éthique et de déontologie, gage de confiance et de professionnalisme ; des communications régulières à travers nos canaux de communications et bulletins trimestriels qui ont amplifié notre rayonnement », a cartographié le président du conseil d’Administration, Soungalo Seydou Yaméogo, soulignant que ces succès sont le fruit d’une synergie d’action, d’un engagement sans faille des administrateurs, de l’équipe exécutive et de l’ensemble des partenaires.
Cependant, relative-t-il, l’année écoulée a également mis en lumière, des défis majeurs, des tournants décisifs pour l’avenir du secteur. « Au-delà des impératifs de mobilisation de ressources et de renforcement interne, deux chantiers prioritaires s’imposent avec acuité : l’accélération de notre transformation digitale et l’adaptation pro-active à la nouvelle loi régissant la microfinance. Ces évolutions ne sont pas de simples ajustements, mais des catalyseurs de notre modernisation et des garants de notre pérennité », a-t-il dressé.
Ainsi, poursuit le président du conseil d’Administration, l’année 2026 se profile comme celle d’intensification des efforts. A cet effet, les orientations stratégiques sont claires et ambitieuses. Il s’agit de conduire un plaidoyer d’impact qui consistera à développer des indicateurs concrets pour mesurer l’efficacité des actions et amplifier l’influence ; renforcer la diversification financière avec l’exploration de nouvelles sources de financement et forger des partenariats stratégiques pour consolider l’autonomie de l’association ; passer à une digitalisation audacieuse en accompagnant les membres dans l’intégration des technologies numériques, aux fins d’optimiser leurs services et la portée de ceux-ci. L’autre défi inscrit dans le registre de 2026, est celui relatif à la conformité avec le nouveau cadre juridique régissant le secteur de la microfinance.
O.L
Lefaso.net



