Burkina Faso : Commerce ambulant aux postes de péages, une activité à risques
A Ouagadougou au niveau des péages ou des postes de contrôle, se développent plusieurs commerces. Le trafic de la route nationale 2 (RN2) est élevé. Cependant, elle est étroite. On remarque la présence des vendeurs ambulants qui, souvent, se faufilent entre les véhicules ou s’arrêtent pratiquement sur la voie pour vendre leurs produits. Quels sont les risques que ces commerçants encourent au regard de l’étroitesse de la voie ?
Au péage de la RN2, certains commerçants vont à la rencontre des clients dans les véhicules de transport en commun. D’autres poursuivent les véhicules personnels pour présenter leurs produits. On peut entendre entre autres « Tantie ou tonton il y a du pain climatisé, approchez voir ! ».
Ludovic Nikièma, un jeune homme d’une vingtaine d’années, poursuit un véhicule personnel pour présenter sa marchandise. Il propose des paquets de mouchoirs en papier, des bonbons et de la cigarette. Selon lui, pour avoir une bonne recette journalière, il faut « mouiller le maillot » pour dire qu’il faut travailler dur.
Pour lui, il faut montrer ces produits à tout le monde pour espérer en vendre le maximum. « Nous sommes souvent obligés de courir sur le bitume pour vendre. Même si la voie est étroite, on fait avec. Sinon nos familles ne vont pas manger. C’est dangereux d’être sur la voie, on le sait, mais on n’a pas un autre travail à faire. Souvent, des personnes me disent que si je ne quitte pas devant eux ils vont me cogner. Mais bon c’est mieux que d’aller voler », estime notre interlocuteur.
Bibata Sawadogo vendeuse de sandwichs
Vendeuse de sandwichs, Bibata Sawadogo va à la recherche des clients dès qu’un car s’arrête. Elle avoue que c’est souvent très difficile de traverser la voie parce que les automobilistes roulent en vitesse. Elle reconnaît que l’état de la voie ne permet pas de trop se faufiler. « Nous savons que se mettre sur la voie pour vendre est risqué mais nous n’avons pas le choix. Pour éviter les accidents, les forces de l’ordre ne nous permettent plus de monter sur le goudron. Mais souvent certains essayent de monter sur le goudron pour montrer leurs produits aux personnes qui sont dans les véhicules personnels ou à moto », explique la vendeuse.
A l’opposé de la voie, est arrêté Daniel Zongo. Il présente sa marchandise aux usagers. Le jeune homme vend de l’eau en sachets, en bouteilles et de la boisson. L’étudiant exerce cette activité dans cet endroit depuis sa classe de 4e. Il révèle que n’eût été la présence des agents de sécurité il y aurait chaque fois des accidents. « A cause du contrôle, beaucoup ralentissent quand ils arrivent ici. On peut faire trois ou quatre mois sans voir un accident ici. Quand les usagers roulent doucement même, si nous nous approchons de leurs véhicules il n’y a pas de problèmes. Mais c’est quand ils sont en excès de vitesse que cela devient dangereux », confie le vendeur.
Daniel Zongo vendeur d’eaux en sachets, en bouteilles et de boissons
Il évoque également le mauvais comportement de certains usagers qui leurs manquent de respect. « Beaucoup d’usagers sont méchants. Ils nous traitent souvent comme si nous ne sommes pas des hommes. Certains nous traitent souvent de voleurs quand on s’approche d’eux pour présenter nos produits. Aussi, d’autres prennent les produits et ils démarrent. On est obligé de les poursuivre pour avoir notre argent si on n’arrive pas à les rattraper c’est fini », indique le jeune homme.
Madeleine Kaboré, usager à moto, invite les autorités à songer à agrandir cette route. Pour elle le risque d’accidents n’est pas seulement pour les commerçants, mais aussi pour tous les usagers de ce tronçon. « Moi-même j’ai toujours peur quand j’emprunte cette voie », dit-elle.
Ramata Diallo
Lefaso.net