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Commerce illégal de peaux d’ânes au Burkin Faso : Une menace pour l’agriculture et la sécurité alimentaire

En prélude à la conférence régionale sur la préservation de l’espèce asine en Afrique de l’Ouest, deux études de Brooke Afrique de l’Ouest ont fait l’objet d’un atelier de restitution le mardi 3 novembre 2020, à Ouagadougou. L’ouverture des travaux a été présidée par le Conseiller technique du ministère des Ressources animales et halieutiques, Dr Adama Maïga.

Brooke Afrique de l’Ouest évalue les résultats de deux études qu’elle a lancées il y a plus d’un an au Burkina Faso. L’une portant sur la contribution socio-économique des asins au Burkina Faso et l’autre sur le commerce illégal de l’âne et de sa peau vers la Chine. Pour ce faire, l’ONG, en collaboration avec l’ONG APIL et INADES formation, a initié un atelier de restitution, ce mardi 3 novembre 2020 à Ouagadougou, avec pour objectif de faire des observations sur les deux documents, formuler des recommandations pour bonifier les documents et valider le travail réalisé par les consultants.

Les participants

Cet atelier a regroupé les membres du comité de pilotage, d’ONG, d’institutions et de services étatiques (ministères, écoles d’élevage, vétérinaires, etc.). La première étude a été menée dans cinq régions du Burkina Faso que sont le Centre, Centre-Nord, Centre-Sud, Plateau-Central et le Sahel.

Il s’est agi, selon le directeur régional de Brooke en Afrique de l’Ouest, Emmanuel Bouré Sarr, « de chercher à connaitre l’importance socio-économique des asins au niveau des personnes qui font le transport hippomobile et au niveau des ménages ruraux et pastoraux ». Des résultats de cette étude, il ressort que la traction hippomobile rapporte aux personnes qui s’adonnent à ce type de transport des revenus journaliers qui tournent autour de 3000 F CFA.

Emmanuel Bouré Sarr a réaffirmé la disponibilité de Brooke Afrique de l’Ouest à accompagner le Burkina Faso

Au niveau des ménages ruraux, l’on retient que l’absence de traction asine a un impact significatif sur la production de mil et de sorgho notamment avec une diminution de l’ordre de 27 à 24% sur la superficie emblavée de mil et de sorgho. Cette absence occasionne aussi des pertes de production allant de 38 à 40% toujours pour ces deux spéculations. En ce qui concerne les ménages ruraux, l’enquête a également révélé l’importance des asins dans la transhumance, les stratégies pastorales, le transport des personnes mais également le transport des animaux d’un point à un autre surtout les animaux faibles, malades et les petits ruminants.

La protection des asins est une mission noble au Burkina Faso

Les résultats de l’étude

Le principal résultat restitué au niveau de la seconde étude se résume comme suit : Le commerce des peaux d’âne est une réalité au niveau des frontières malgré l’existence du décret d’interdiction de l’exportation des peaux d’ânes. De l’avis de M. Sarr, il y a un lien entre les deux études. Si le commerce se produit et que les animaux sont vendus, il y aura des pertes sur l’agriculture, la sécurité alimentaire, et sur l’essentiel du revenu des ménages, prévient-il.

A travers ces deux études, l’ONG veut, entre autres, renforcer la prise de conscience sur l’importance des rôles des asins dans la société burkinabè. Dr Adama Maïga a, pour sa part, indiqué qu’une grande partie des données de ces études sont collectées au niveau du ministère des Ressources animales et halieutiques (MRAH). Toute chose qui permettra au département d’avoir des données assez fiable pour la prise de textes et lois en faveur de cette espèce qui est en voie de disparition.

Le conseiller technique de MRAH a remercié l’ONG et des partenaires

Néanmoins, ce n’est un secret pour personne. Le commerce des ânes est lucratif. Et mettre un terme à cette pratique est un travail de longue haleine. Un avis partagé par le conseiller technique du MRAH. « La prise du décret n’a pas été facile parce que c’est comme si on venait empêcher les gens de pouvoir vendre alors que c’est ça qui les permettaient de nourrir leurs familles et inscrire les enfants à l’école. Mais pour pouvoir prendre cette décision, il fallait également que l’État se dise que les ânes ont une contribution assez importante dans la société », ajoute Dr Maïga.

Par ailleurs, il en appelle à la protection des ânes en tant qu’actif important pour les pauvres. « Si nous perdons ces ânes, finalement nous n’allons pas pouvoir aider les populations pauvres. Aujourd’hui, l’âne est considéré comme le cheval du pauvre. Parce que c’est ça qui lui permet de faire tout. Si l’âne disparait ceux qui n’avaient que les moyens pour acheter un âne vont pouvoir faire les labours avec quoi ? », Se questionne le conseiller technique. La sensibilisation demeure la meilleure arme pour stopper cette pratique.

Aïssata Laure G. Sidibé

Lefaso.net

Source : lefaso.net

Faso24

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