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Covid-19 : « Un vaccin ne peut être disponible en Afrique avant le 2e trimestre de l’année 2021 », Dr Richard Mihigo de l’OMS

Ce jeudi 12 novembre 2020, le bureau de l’OMS pour l’Afrique a tenu un point de presse virtuel sur l’impact de la pandémie du Covid-19 en Afrique. Animé par les experts de l’Organisation, il a permis d’échanger sur la situation actuelle du Covid-19 sur le continent, sur la vaccination ainsi que sur le diabète en Afrique.

Le lundi 9 novembre 2020, le laboratoire américain Pfizer et son partenaire allemand BioNTech, annonçait que leur candidat vaccin contre le Covid-19 avait un taux d’efficacité de 90%. Selon Dr Richard Mihigo, coordinateur du programme sur les maladies évitables par la vaccination, qui a fait le point sur les vaccins au cours de ce point de presse virtuel, à l’instar de ce vaccin, ce sont 42 autres vaccins contre le Covid-19 qui sont en cours d’élaboration.

Sur ces vaccins, une dizaine est dans la dernière phase d’essai clinique. Un espoir existe donc dans la lutte contre la pandémie à coronavirus qui touche actuellement 50 millions de personnes dans le monde et a fait un million de décès, à en croire Dr Nsenga Ngoy, responsable du programme d’intervention d’urgence à l’OMS. Il précise qu’en Afrique, l’on dénombre 1,3 millions de cas et 30 000 décès.

Dr Richard Mihigo, coordinateur du programme sur les maladies évitables par la vaccination

Principal défi, assurer une distribution rapide et efficace d’un éventuel vaccin contre le Covid-19

Il n’y a à ce jour, aucun vaccin contre le Covid-19 homologué par l’OMS. Cependant, l’organisation travaille pour s’assurer que tous les pays, sans discrimination, pourront avoir accès à un éventuel vaccin, même ceux qui n’auront pas la capacité de payer. Mais en attendant, le principal challenge de l’OMS à en croire Dr Mihigo, c’est de relever le défi de la distribution d’un éventuel vaccin. Les pays africains font face à d’énormes problèmes logistiques, a-t-il indiqué, avant d’assurer que « L’OMS travaille déjà avec les pays pour régler ce problème, afin de distribuer sans problème le vaccin aux populations les plus reculées. »

Pour ce qui concerne l’adhésion des populations africaines au vaccin, le coordinateur du programme sur les maladies évitables par la vaccination dit ne pas s’inquiéter. Il souligne qu’aucun vaccin ne peut être homologué par l’OMS sans que son efficacité et son innocuité ne soient établies. Quand bien même, il y a eu des rumeurs qui ont créé des doutes au sein des populations, il affirme que les africains ont une culture de l’acceptation de la vaccination comme moyen de prévention efficace.

Il ne doute donc pas qu’ils acceptent de se faire vacciner contre le Covid-19. Néanmoins pour se donner toutes les chances de faire accepter un éventuel vaccin, l’OMS travaille non seulement avec les ministères de la Santé des différents pays, mais également avec de nombreux autres partenaires, ainsi que des organisations non gouvernementales, des organisations de la société civile, etc.

À la question de savoir quand est-ce que les populations africaines pourraient éventuellement se faire vacciner, si toutefois le vaccin Pfizer est homologué, Dr Mihigo souligne que ce ne sera pas avant le 2e trimestre de l’année 2021, si le vaccin venait à être homologué en décembre 2020. Et pour cause, la production ne pourra pas suivre le rythme de la demande.

Dr Jean-Marie Dangou coordinateur du programme de gestion des maladies non transmissibles à l’OMS

Covid-19 et diabète

Dr Jean-Marie Dangou, coordinateur du programme de gestion des maladies non transmissibles à l’OMS est intervenu sur le diabète et le COVID-19. Il a indiqué que dans la région Afrique, 16 millions de personnes vivent avec le diabète et en 2018, ce sont 312 000 personnes qui ont perdu la vie à cause de cette maladie. Le diabète constitue également avec d’autres maladies non transmissibles, le principal facteur de comorbidité du Covid-19.

Dr Dangou explique que la majorité des diabétiques ont plus de 50 ans, alors que l’âge avancé aggrave le risque de contracter le Covid-19 et d’en faire des formes graves, sans oublier les risques d’avoir des complications, comme le coma diabétique, l’insuffisance rénale ou les insuffisances cardiorespiratoires.

Dr Jean-Marie Dangou coordinateur du programme de gestion des maladies non transmissibles à l’OMS

La situation des diabétiques est d’autant plus préoccupante que, pour assurer la riposte au Covid-19, le personnel de santé affecté à la prise en charge des maladies non transmissibles dont le diabète, a été redéployé. La fermeture de certains services des hôpitaux complique également leur accès aux soins. À cela, il faut ajouter les restrictions en matière de déplacement, qui ont causé des ruptures, en insuline, sans oublier les confinements qui ont augmenté la sédentarité des patients et des populations, augmentant encore plus les risques d’enregistrer de nouveaux malades de diabète.

Pour éviter donc que la situation des diabétiques ne s’aggrave davantage, Dr Jean-Marie Dangou suggère le renforcement des capacités des agents de santé, ainsi que du suivi des patients, l’utilisation de la télémédecine, le respect des mesures préventives. Et à l’occasion de la Journée mondiale du diabète qui sera célébrée le 14 novembre prochain, Dr Dangou invite les gouvernements à intensifier la formation des agents de santé pour le traitement du diabète, promouvoir des modes de vie sains en luttant contre le surpoids, sans oublier de mettre l’accent sur la sensibilisation et l’engagement communautaire.

Justine Bonkoungou

Lefaso.net

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