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Journalisme sensible au genre : Les bases d’un module de formation fixées à Dakar

Sur initiative de l’institut Panos, l’Institut Supérieur de la Communication et du Multimédia (ISCOM) a participé à l’atelier régional sur le module de formation en journalisme sensible au genre, les 4 et 5 décembre 2020, à Dakar. Pendant deux jours, les participants venus du Burkina, de la Côte d’Ivoire, du Mali, du Niger et du Sénégal ont appris de l’expérience du CESTI (Centre d’Etudes des Sciences et Techniques de l’Information) et discuté de l’opportunité d’enseigner un module sur journalisme et genre.

Plutôt soumise, sachant s’occuper du ménage et faire de beaux héritiers mais surtout pas visibles au audibles dans l’espace public. Dans la société, les femmes se voient assignés des rôles ou des places arbitrairement déterminés par les normes sociales. Les contenus des médias en tant que pratiques signifiantes contribuent à véhiculer les représentations conduisant à créer une différenciation entre les sexes. Les représentations symboliques véhiculées par les médias qui s’imprègnent consciemment et inconsciemment dans les esprits influencent quotidiennement les usagers.

C’est pourquoi, le module « journalisme sensible au genre » a été imaginé en ciblant trois (03) objectifs. La première, connaitre les principales approches théoriques du genre. La deuxième consiste à mobiliser leurs outils conceptuels dans le traitement de l’information portant sur les femmes. La troisième est de faire une analyse critique de ses enjeux pour déconstruire leur représentation tout en rétablissant l’équilibre dans la sphère médiatique. Ciblant les journalistes en formation, idéalement à partir de la licence 2, ce cours devrait permettre aux journalistes, une fois sortie des écoles de prendre en charge convenablement la problématique du genre à travers un discours dépourvu de préjugés.

Rapporteur… tout va bien ; rapporteuse et la connotation change

Elle est le sexe faible, pourtant elle porte le monde. Les clichés sur les femmes dans les discours médiatiques sont peu flatteurs. Alors que les médias sont de puissants prescripteurs. Ils ont le pouvoir de rendre visible ou non un sujet au sein de la société. Les médias eux-mêmes, basés sur les curiccula masculins favorisent ainsi la marginalisation et l’invisibilité des femmes dans les contenus diffusés malgré leur rôle vital dans l’existence de tous les jours et à différents niveaux et leur poids démographique.

Le cours devrait permettre de changer le regard des journalistes sur la problématique genre dès leur formation. En posant les enjeux théoriques et pratiques des relations de genre aux médias, il permettra aux étudiants en journalisme d’interroger les stéréotypes véhiculés par les médias, les hiérarchisations et de mener un travail de déconstruction des préjugés.

Le CESTI de Dakar avec une expérience de plus d’une dizaine d’années note des signaux encourageants dans l’atteinte des objectifs de ce module à travers notamment le suivi des médias. Régulièrement, de grandes enquêtes, des dossiers thématiques sur le genre sont réalisés par des médias avec des discours bannissant les stéréotypes.

Il est à noter également de plus en plus de signatures de journalistes masculins en dessous des articles traitant du genre en général et de la condition de la femme en particulier.

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