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De la démocratie : « À qui revient la définition ? », Li Jian, ambassadeur

Dans cette tribune, l’ambassadeur de Chine au Burkina, Li Jian, apporte un éclairage sur l’expérience de la démocratie que certains ont tendance à réduire à leur vision unilatérale du monde. Pour lui, « la démocratie n’est pas une décoration mais doit servir à résoudre des problèmes réels pour le peuple. » Le diplomate chinois explique par la même occasion la démocratie à la chinoise qui confère la souveraineté au peuple.

Depuis de longues années, quand les pays et les médias occidentaux parlent de la démocratie, ils se considèrent comme les seuls arbitres avec une supériorité naturelle pour enseigner la démocratie au monde entier. Ils se donnent la mission de monopoliser le monde avec la démocratie à l’occidentale, sans prendre en considération la diversité des civilisations humaines et des voies de développement différentes.

Au nom de la démocratie, c’est une croisade contre tout pays qui ose adopter un système différent que les leurs avec des moyens comme le noircissement, la stigmatisation ou encore la sanction. À leurs yeux, le monde est répertorié dans plusieurs groupes avec des mentions comme « très bien », « bien », « moyen » ou « mal » selon leur conformité aux standards de la démocratie occidentale. À mon avis, c’est une aliénation aberrante et flagrante de la démocratie elle-même.

Cette instrumentalisation ne fait qu’endommager la solidarité de l’humanité à l’encontre de tous nos efforts communs pour la paix, le développement et la coopération gagnant-gagnant. Cela intoxique d’autant plus l’atmosphère propice aux pays du monde de mener ensemble la lutte contre la Covid-19 et de relever les défis mondiaux comme la croissance économique et le changement climatique.

Au fond de tout, c’est une fausse démocratie qui camoufle mal leur réelle intention hégémonique. Tout d’abord, l’essence de la démocratie est de faire du peuple le vrai maître de la maison pour promouvoir le développement social. La démocratie n’est pas une décoration mais doit servir à résoudre des problèmes réels pour le peuple. Au début du 20e siècle, la nation chinoise se trouvait dans sa plus grande crise au bord d’éclatement sous la pression des envahisseurs étrangers et des guerres sans fin sur son sol.

La victoire de la Nouvelle Révolution démocratique (1919-1949) conduite par le Parti communiste chinois (PCC) a sauvé le peuple chinois du néant et est devenue ainsi un symbole de la lumière de la démocratie chinoise. Depuis le 18e Congrès du PCC, la Chine a frayé un chemin de la démocratie populaire complète sous le leadership du Président XI Jinping. Les droits socio-économiques et politiques des Chinois ne cessent d’être élargis et agrandis.

À travers les systèmes de l’Assemblée populaire, des consultations politiques entre le PCC et d’autres partis, des élections aux niveaux national et local, et des mécanismes de supervision du pouvoir, le peuple chinois participe activement aux affaires publiques et expriment librement leurs préoccupations. La démocratie chinoise est authentique, large et continue. Elle se démarque de la démocratie occidentale qui se réveille pendant les élections et qui s’endort après les élections.

L’objectif ultime de la démocratie n’est rien d’autre que d’augmenter le bonheur du peuple et le développement du pays. La Chine l’a bien démontré par une victoire stratégique dans la lutte contre la Covid-19 sur son sol, par l’éradication complète et historique du phénomène de la pauvreté absolue avec plus de 800 millions de personnes sortie de la pauvreté, par la construction d’une société de moyenne aisance, et par le fait que le revenu et le niveau de vie des Chinois ne cessent d’être améliorés.

La démocratie populaire complète chinoise, basée sur la situation nationale chinoise, a ses propres caractéristiques, mais elle reflète aussi la poursuite partagée de l’humanité pour la démocratie. Dans le processus de promouvoir le développement de la Chine et la renaissance de la nation chinoise, la démocratie chinoise a aussi contribué à diversifier les systèmes politiques de la civilisation mondiale.

Ce sont des réalités et des réalisations que personne ne peut nier ni altérer. Ensuite, la démocratie n’est pas la propriété exclusive de l’Occident. Elle a plusieurs formes et des différents moyens d’y parvenir. Le Président chinois XI Jinping a mentionné plusieurs fois que la paix, le développement, l’équité, la justice, la démocratie et la liberté sont des valeurs universelles partagées par l’humanité entière. Notre recherche de la démocratie remonte très loin dans l’histoire et continue d’évoluer avec le temps.

Dans la langue grecque antique, la démocratie est composée de « demo » (le peuple) et de « kratos » (le pouvoir) qui veut dire « le peuple détient le pouvoir ». À la veille de la grande révolution française, le philosophe Jean-Jacques Rousseau a dit que la démocratie du gouvernement réside dans le peuple souverain.

En Chine, les premières pensées qui insistent sur les besoins du peuple remontent à plus de 3000 ans pendant les dynasties de Shang et de Zhou, des histoires comme « le peuple vaut plus que le souverain » et « l’eau peut porter le bateau mais il peut aussi le renverser » sont familières dans toutes les oreilles chinoises. Au Burkina Faso et dans beaucoup de pays africains, la démocratie se développe aussi avec la culture et la tradition.

Ça m’a beaucoup inspiré d’entendre que les anciens peuvent toujours rassembler les villageois sous les manguiers pour les écouter et résoudre les problèmes de chacun. Récemment, un professeur de l’Université de Pretoria en Afrique du Sud a écrit dans le Post Guardian que de nombreux signes d’élections libres et équitables, tels que les listes électorales universelles, la gestion centralisée et des règles uniformes manquent beaucoup dans le système électoral des États-Unis alors qu’ils se considèrent comme les professeurs de la démocratie du monde.

Il n’existe pas de voie unique qui peut s’appliquer universellement au monde pour réaliser la démocratie. Il y a multiples moyens d’y parvenir pour des pays différents en fonction de leur culture et situation. Les systèmes démocratiques modernes sont même les produits des échanges entre différents peuples, cultures et systèmes sociaux. À la question de savoir si les chaussures vous vont ou non? Vous ne pouvez savoir que si vous les portez. Qu’un pays soit démocratique ou non devrait être déterminé par le peuple de ce pays, et non par une minorité d’étrangers qui se portent comme des arbitres ou des juges démocratiques voire en tenue de gendarme démocratique du monde. La définition de la démocratie revient à son peuple.

Enfin, nous devons rester vigilants à l’instrumentalisation de la démocratie et défendre la liberté de choisir sa propre voie de développement. Un modèle de démocratie transplanté ou imposé s’est souvent révélé inadapté, et n’a provoqué que des chaos et turbulences. Certains pays, au mépris des différences historiques, culturelles et économiques des différents pays et régions du monde, imposent leurs propres systèmes politiques et valeurs aux autres, pratiquent la soi-disant « transformation démocratique » et des « révolutions de couleur ».

Le fait de façonner d’autres pays selon sa propre logique et d’exporter la démocratie est en soi un acte antidémocratique, qui ne respecte pas les valeurs fondamentales de la démocratie et entraîne des conséquences désastreuses comme la division ou la guerre dans de nombreux pays. Pour certains pays occidentaux, la démocratie n’est qu’un outil pour garder leur hégémonie et qui ne sert que leurs propres intérêts politiques.

Qu’il s’agisse des « révolutions de couleur », du « printemps arabe », ou du chaos violent à Hong Kong, les forces derrières et les modes opératoires sont quasiment identiques. D’ailleurs, les pratiques de « deux poids deux mesures » des pays occidentaux dans l’incitation des émeutes à l’extérieur et dans le traitement des évènements de la rue à l’intérieur ont donné au monde une mauvaise leçon de démocratie et ont également fait comprendre à plus d’un leurs sinistres motifs d’ingérer, d’intervenir, voire de renverser sous la bannière de « démocratie ».

La Chine pratique fermement la démocratie socialiste aux caractéristiques chinoises, la démocratie populaire complète, la démocratie consultative et la démocratie de base. Elle ne reprendra point l’ancienne voie du repli sur soi et ne changera jamais sa couleur initiale. À l’heure actuelle, l’humanité est confrontée à de graves défis mondiaux tels que la pandémie, le changement climatique, l’inflation économique, la sécurité énergétique, etc. Il est urgent que tous les pays se coopèrent et cherchent la solution ensemble.

A ce moment crucial où le développement de l’humanité est arrivé à un carrefour critique, la convocation par certains d’un soi-disant « sommet démocratique » et la pratique de diviser les pays du monde dans le « camp démocratique » et le « camp non démocratiques » violent l’esprit de la démocratie et ne reflète qu’une politique hégémonique. En fait, la situation actuelle n’est plus ce qu’elle était dans le passé.

Faire les promesses vaines liées à la démocratie ne peut plus duper personne. De plus en plus de gens se rendent compte que c’est le développement qui est la vraie vérité, qu’il faut désormais juger la démocratie par des standards comme la stabilité nationale et la richesse populaire. Dans la communauté de destin de l’humanité, le bonheur et le malheur sont partagés par nous tous.

Ce n’est qu’en mettant de côté les préjugés, en transcendant les différences et en travaillant ensemble que nous pouvons résoudre efficacement les défis communs auxquels l’humanité est confrontée et parvenir à un développement partagé. Quelques soient son système social, son origine culturelle ou sa phase de développement, tous les pays du monde devraient s’unir étroitement et se compléter mutuellement pour un avenir commun de toute l’humanité.

Le président chinois Xi Jinping a dit que les civilisations s’enrichissent par l’échange et l’apprentissage mutuels. C’est une force motrice importante pour l’avancement de la civilisation humaine et le développement pacifique du monde. Soyez rassurés que la Chine restera ouverte et partagera les fruits du développement avec les peuples de tous les pays du monde. À nous de briser toutes les barrières et de défendre ensemble les valeurs communes de paix, de développement, d’équité, de justice, de démocratie et de liberté pour l’humanité. À nous de construire ensemble un monde de paix, d’harmonie et de développement durable.

S.E.M. LI Jian

Ambassadeur de Chine au Burkina Faso

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