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Le respect de la parole donnée

Même s’ils sont unanimes à approuver le départ de l’ex-président, Alpha Condé, renversé le 5 septembre 2021, pour des soins à Abou Dhabi aux Emirats arabes unis, la classe politique et les organisations de la société civile guinéenne sont intransigeantes sur un point. Les deux camps exigent que l’ancien chef d’Etat regagne le pays après un mois comme l’ont indiqué les autorités du Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD). Pour la classe politique et la société civile, il n’est pas question qu’Alpha Condé profite de son voyage pour des raisons médicales pour se soustraire de la justice guinéenne. L’homme qui a dirigé la Guinée de décembre 2010 au 5 septembre 2021 doit répondre de certains crimes sous son règne. Le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) qui a battu le pavé contre le troisième mandat d’Alpha Condé est catégorique. Aucun exil doré ne doit être accordé à M. Condé sans que sa responsabilité ne soit située dans la mort de 91 personnes tombées lors des manifestations contre son troisième mandat. A celles-ci, certains évoquent les autres victimes des manifestations qui ont émaillé le règne de l’octogénaire Alpha Condé.

Les leaders des partis politiques et de la société civile soutiennent que la junte doit prendre les dispositions nécessaires pour que l’ex-chef d’Etat puisse revenir à Conakry après son séjour médical d’un mois à Abou Dhabi. Aucun citoyen guinéen, fut-il ancien chef d’Etat, ne devrait se soustraire de la justice. Comme Moussa Dadis Camara acculé dans le dossier des violences dans un stade de Conakry le 28 septembre 2009, Alpha Condé devrait aussi passer par la case justice pour s’expliquer sur les graves violations de droits humains durant son passage à la tête de l’Etat. La junte peut-elle être complaisante à l’égard d’Alpha Condé au cas où ce dernier voudrait prolonger son séjour à l’extérieur ?

Pas le moins sûr d’autant qu’elle court le risque d’écorner son image auprès de la classe politique et de la société civile. Quand bien même le colonel Mamady Doumbouya ait donné des gages de bonne volonté en organisant des concertations nationales avec toutes les composantes sociales guinéennes, des voix commencent à s’élever à propos du chronogramme de la Transition qui tarde à voir le jour. La junte n’a aucun intérêt à transiger sur le cas Alpha Condé si elle tient à avancer dans une relative accalmie. Il serait donc inconséquent pour elle d’offrir une occasion aux politiques et aux acteurs de la société civile de briser le climat de confiance qui semble prévaloir jusque-là. Il y va de la crédibilité des autorités de la Transition guinéenne de faire en sorte que l’ancien chef d’Etat retrouve la Guinée au bout du délai convenu pour ses soins à l’étranger. Dans ce contexte si particulier, il sied de respecter sa parole au risque de s’attirer des foudres. Pour une question de crédibilité, les autorités de la Transition guinéenne devraient respecter leur engagement.

Karim BADOLO

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