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Lutte contre le sida : les inégalités entravent la fin de la pandémie de sida (Rapport ONUSIDA)

 

Le nouveau rapport de l’ONUSIDA est disponible. Intitulé «inégalité dangereuse », ce rapport  révèle que les inégalités entravent la fin de la pandémie du sida.

Après le dernier rapport  « En danger », l’ONUSIDA vient de publier son nouveau rapport de 2022, « Inégalités dangereuses ». Il  révèle l’impact sur la riposte au sida de différentes inégalités : celles entre les sexes, celles auxquelles sont confrontées les populations clés  et celles entre les enfants et les adultes. Il explique par ailleurs comment l’aggravation des contraintes financières complique la lutte contre ces inégalités.

Ce nouveau rapport montre comment les inégalités entre les sexes, ainsi que les normes de genre néfastes freinent la fin de la pandémie de sida. « Le monde ne pourra pas vaincre le sida tout en renforçant le patriarcat», a déclaré la directrice exécutive de l’ONUSIDA, Winnie Byanyima. Elle soutient que le monde doit  lutter contre les multiples inégalités auxquelles sont confrontées les femmes.  Car les études montrent que dans les régions très touchées par le VIH, les femmes victimes de violences commises par leur partenaire intime ont jusqu’à 50 % de risque en plus de contracter le VIH.   Ainsi dans 33 pays, entre 2015 et 2021, seuls 41 % des femmes mariées âgées de 15 à 24 ans prenaient leurs propres décisions en matière de santé sexuelle. La seule feuille de route efficace pour mettre fin au sida, atteindre les objectifs de développement durable et garantir la santé, les droits et la prospérité partagée, dit le rapport,  est une feuille de route féministe.  En croire le rapport, les organisations et les mouvements de défense des droits des femmes sont déjà en première ligne de ce travail ambitieux. « Les leaders doivent les soutenir et apprendre d’eux », plaide la directrice exécutive de l’ONUSIDA, Winnie Byanyima.

Le rapport nous apprend que les  effets des inégalités entre les sexes sur les risques liés au VIH chez les femmes sont particulièrement prononcés en Afrique subsaharienne, où les femmes représentaient 63 % des nouvelles infections au VIH en 2021. Dans cette région, les adolescentes et les jeunes femmes (15-24 ans) sont trois fois plus susceptibles de contracter le VIH que les adolescents et les jeunes hommes du même âge. Le facteur principal est un déséquilibre entre les sexes.

Une étude a montré que le fait de permettre aux filles de finir leur scolarité secondaire peut réduire de moitié leur vulnérabilité à une infection au VIH. Ce risque diminue encore plus lorsque cette mesure est accompagnée par une série d’aides à l’émancipation.

Pour l’ONUSIDA les leaders doivent s’assurer que toutes les filles sont scolarisées, protégées contre des violences souvent perçues comme la norme, y compris les mariages d’enfants, et ont des possibilités économiques qui leur garantissent un avenir prometteur. En mettant fin au déséquilibre endémique du rapport de force, les politiques peuvent réduire la vulnérabilité des filles au VIH.

Le rapport indique que les  formes toxiques de masculinité découragent les hommes à se soigner. En 2021, alors que 80 % des femmes vivant avec le VIH avaient accès à des médicaments, seuls 70 % des hommes séropositifs suivaient un traitement.

L’Onusida appelle à multiplier les programmes de transformation des relations entre femmes et hommes dans de nombreuses régions du monde est essentiel pour stopper la pandémie. Une plus grande égalité entre les sexes profitera à tout le monde.

Le rapport montre que les inégalités d’accès au traitement entre les adultes et les enfants freinent la riposte au sida. Alors que plus des trois quarts des adultes vivant avec le VIH suivent une thérapie antirétrovirale, seule un peu plus de la moitié des enfants séropositifs prennent des médicaments qui leur sauvent la vie. Ce déséquilibre a des conséquences mortelles. En 2021, les enfants représentaient 4 % des personnes vivant avec le VIH, mais 15 % des décès dus au sida. Combler l’écart de traitement pour les enfants sauvera des vies.

La discrimination, la stigmatisation et la criminalisation des populations clés coûtent des vies et empêchent le monde d’atteindre les objectifs convenus en matière de sida. Une nouvelle analyse n’a montré aucune baisse significative des nouvelles infections chez les gays et autres hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes en Afrique occidentale et centrale, ainsi qu’en Afrique orientale et australe. Face à un virus infectieux, l’absence de progrès parmi les populations clés sape l’ensemble de la riposte au sida et contribue à expliquer le ralentissement des avancées, conviction de l’ONUSIDA.

«L’action attendue des leaders mondiaux est claire comme de l’eau de roche En un mot : pousser pour l’égalité. L’égalité de l’accès aux droits, l’égalité de l’accès aux services, l’égalité de l’accès aux meilleures découvertes scientifiques et aux meilleurs médicaments. Pousser l’égalité n’aidera pas seulement les populations marginalisées. Tout le monde en profitera», a déclaré Mme Byanyima.

Le nouveau rapport «Inégalités dangereuses » a été publié ce jeudi 29 novembre 2022 à la veille de la journée mondiale de lutte contre le VIH /SIDA.

 

 

Boureima SANGA

source Communiqué de presse ONUSIDA

 

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